Gallimard

  • Antigone

    Jean Anouilh

    « L'Antigone de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par coeur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre, le jour des petites affiches rouges. Je l'ai réécrite à ma façon, avec la résonance de la tragédie que nous étions alors en train de vivre. » Jean Anouilh.

  • Nous sommes dans une pièce de théâtre. On y tourne un film sur le Bartleby de Melville. Tous ceux que réunit le tournage ont une raison puissante et personnelle de participer à cette création.
    Ainsi Daniel Pennac nous invite-t-il, en rapprochant la figure de son propre frère de celle du fameux scribe, à visiter les coulisses du théâtre, du cinéma et l'atelier d'un grand écrivain.

  • Escrimeur et poète accompli, Cyrano de Bergerac ne manque pas de panache. Il n'a qu'un défaut : son nez, aussi grand qu'un monument !Comment, affublé d'un nez pareil, avouer à Roxane, sa cousine, l'amour qu'il a pour elle ? Quand celle-ci s'éprend de Christian, jeune homme séduisant mais sans esprit, Cyrano fait à son rival une incroyable proposition : il lui prêtera ses mots pour faire la cour à la belle...

  • « Caligula : C'est une vérité toute simple et toute claire, un peu bête, mais difficile à découvrir et lourde à porter.
    Hélicon : Et qu'est-ce donc que cette vérité, Caïus ?
    Caligula : Les hommes meurent et ils ne sont pas heureux.
    Hélicon : Allons, Caïus, c'est une vérité dont on s'arrange très bien. Regarde autour de toi. Ce n'est pas cela qui les empêche de déjeuner.
    Caligula : Alors, c'est que tout, autour de moi, est mensonge, et moi, je veux qu'on vive dans la vérité ! »

  • Le misanthrope

    Molière

    Alceste est un « mélancolique » qui s'aveugle sur lui-même pour mieux condamner les autres. Placé dans une situation sociale comique, amoureux d'une coquette, il voit défiler tous les types humains qu'il réprouve. Molière a enfermé toute une époque dans un salon mondain, le portrait d'un milieu où le Misanthrope fait figure d'attardé, où il a raison et se met dans son tort.
    La profondeur du Misanthrope est dans la mise en question implicite d'une norme qui, dans sa prétention à dépasser les contradictions humaines, s'éloigne de la vérité. Molière a fait de ces contradictions mêmes la substance de la comédie, prenant le risque de priver le public de la gaieté qui naît des solutions fictives pour lui offrir ce plaisir plus subtil qu'apporte l'intelligence de la complexité et des ambiguïtés de la vie.

  • La cantatrice chauve

    Eugène Ionesco

    Il est neuf heures du soir, dans un intérieur bourgeois de Londres, le salon de M. et Mme Smith. La pendule sonne les « dix-sept coups anglais ».

    « M. Smith : Tous les Bobby Watson sont commis voyageurs.

    Mme Smith : Quel dur métier ! Pourtant, on y fait de bonnes affaires.

    M. Smith : Oui, quand il n'y a pas de concurrence.

    Mme Smith : Et quand n'y a-t-il pas de concurrence ?

    M. Smith : Le mardi, le jeudi et le mardi.

    Mme Smith : Ah ! Trois jours par semaine ? Et que fait Bobby Watson pendant ce temps-là ?

    M. Smith : Il se repose, il dort. »

  • La comédie met en scène des couples d'amoureux contrariés : Lysandre et Hermia, Démétrius et Héléna ; le roi des fées, Obéron, qui se dispute avec sa femme Titania, au sujet de leurs conquêtes passées : Thésée et Hippolyte. Puck, le lutin, chargé d'intervenir, va introduire, dans la nuit, un peu plus de confusion.

  • Macbeth Ce qu'un homme ose, je l'ose ! Viens à moi Sous l'apparence de l'ours russe le plus farouche, Du rhinocéros le plus hérissé, du tigre Le plus féroce de l'Hyrcanie. Prends toute forme Sauf celle-ci, et mes nerfs assurés ne trembleront pas.
    Ou encore : revis, et défie-moi Au combat à l'épée jusque sur la lande déserte Et si je reste ici à trembler de peur, tu pourras me dire Une poule mouillée. Va-t'en, va-t'en, Horrible spectre, image sans substance !
    Acte III, scène 4)

  • L'école des femmes

    Molière

    Le cocu imaginaire offre le premier modèle de ces personnages dont les souffrances vont constituer l'essence de la comédie. Celle-ci donne, avec Arnolphe et Agnès, l'image des rêves, des désirs, des passions qui agitent le corps et le coeur de l'homme. Comédie en 5 actes créée au théâtre du Palais-Royal en 1662.

  • Le texte intégral, présenté, commenté et analysé.
    Édition présentée et commentée par Henri Behar, professeur de littérature française à l'université de la Sorbonne Nouvelle (Paris III).
    Le père Ubu est un être ignoble, monstre de crétinisme et de tyrannie imbécile. Il assassine le roi de Pologne, jette à la trappe les nobles, les fonctionnaires et les paysans. Il invente le « décervelage » pour mieux les engloutir et les massacrer. Sa cagoule en forme de poire et son ventre en saindoux abritent un cannibale grotesque et gâteux, Guignol gigantesque broyeur d'individus. Ce pantin réunit toutes les folies meurtrières de Shakespeare et les énormités de Rabelais. Il est à l'image d'un État aveugle et destructeur et préfigure les horreurs des totalitarismes du xxe siècle qui tuent la pensée et détruisent les individus. Jarry pousse ici l'humour et le canular jusqu'à la férocité...

  • L'avare

    Molière

    « Au voleur ! au voleur ! à l'assassin ! au meurtrier ! Justice, juste Ciel ! je suis perdu, je suis assassiné, on m'a coupé la gorge, on m'a dérobé mon argent. » Il est comme cela, Harpagon : son argent, c'est sa vie. A entendre les effets produits sur son comportement et sur ses rapports avec ceux qu'il devrait aimer davantage que sa cassette, la richesse ne fait pas de lui un homme heureux. Car tout se transforme en angoisse de la perte et en volonté de posséder toujours plus. Le plaisir n'est jamais au rendez-vous : ça, c'est le domaine de son fils, Léandre. Qui de l'un ou de l'autre imposera sa façon de vivre ?
    Quelques exemples saillants pris dans le dossier :
    Je découvre - Molière raconté par son père, Jean Poquelin : « Je me souviens de ta naissance, cette froide journée du 13 janvier 1622. Je me souviens de toi, courant dans les rues et imitant les défauts des passants. J'aurais dû voir que tu avais cet incroyable talent qui te ferait accéder à la célébrité, mais je pensais que tu me succèderais dans mes fonctions de tapissier et valet de chambre du roi. Le destin en a décidé autrement. » J'analyse - Au coeur de la phrase : La langue du XVII e siècle est encore très marquée par la langue latine dont elle hérite. Et en latin, le verbe était systématiquement place à la fin de la phrase. Cela explique que parfois, certains passages rendus vous paraissent bien étranges...
    Par exemple : « Je vous prie de ne me point faire de remontrances. », « Finissons auparavant votre affaire, et me dites qui est celle que vous aimez. » Nous prenons la parole - Organisons le débat : Nous l'avons vu, Cléante et son père ont deux perceptions différentes de l'épargne... Et vous quel est votre rapport à l'argent ? Pensezvous qu'il faille le dépenser ?
    Prolongements - « L'avare qui a perdu son trésor » , Jean de La Fontaine ; De l'épargne sordide , Jean de La Bruyère ; Le Cheval et la Mariée , Niki de Saint-Phalle.
    Pour les classes de cinquième Thème : « Avec autrui, famille, amis, réseaux »

  • La mère (création 2010, Théâtre de Paris) : la pièce raconte la douleur et la solitude d'Anne, qui voit ses enfants partir et se retrouve toute seule dans sa maison. La narration n'est pas linéaire, et le lecteur est invité à parcourir un labyrinthe, qui est celui des pensées du personnage égaré de la mère. Quand on a tout donné pour sa famille, comment survivre lorsque celle-ci n'existe quasiment plus ? Anne erre seule dans son appartement aux murs gris et trompe l'angoisse entre alcool et médicaments. Son quotidien devient brumeux. Entre deux scènes présentées sous différents angles le lecteur, lui aussi perdu dans les vapeurs des rêves et des divagations de cette femme si touchante, ne sait plus exactement ce qui est réel et ce qui ne l'est pas.
    Le père (création septembre 2012, théâtre Hébertot) : André, âgé de 88 ans est encore réactif pour son âge mais présente les premiers signes d'une maladie qui pourrait bien faire penser à la maladie d'Alzheimer. Il a pour fille Anne qui l'aime et ne cherche que son bien et sa protection. Mais l'avance de la maladie est inexorable. Nous assistons alors à la dégénérescence progressive de cet homme, au désarroi de sa famille et au manque de communication croissant avec l'avancée de sa perte de mémoire. Tout disparait petit à petit, les décors, les repères, les bonheurs familiaux... On assiste impuissant à sa déchéance et à ses derniers moments de lucidité.
    Le fils (création février 2018, Comédie des Champs-Élysées) : Nicolas a 17 ans et vit chez sa mère, Anne. Son père, Pierre, vient d'avoir un enfant avec sa nouvelle compagne, Sofia. Anne informe Pierre que leur fils, adolescent dépressif, n'est plus allé au lycée depuis trois mois.
    Pierre discute alors avec Nicolas qui demande à venir vivre avec Sofia et lui. Pierre accepte, le change de lycée et va mettre en oeuvre tout ce qui lui est possible pour redonner le goût de vivre à son fils. Mais le père est confronté aux pulsions suicidaires de son fils qui perd pied.
    Sa survie n'est plus désormais que prostration, automutilation et accusations culpabilisantes envers son géniteur.

  • Une comédie étonnante, parce qu'elle est un curieux assemblage d'éléments divers. Ce fut d'abord un spectacle de cour : la danse, la musique (de Lully) contribuent aux divertissements royaux. C'est presque un livret d'opéra. Il y faut aussi de la galanterie : d'où les thèmes de l'amour et du mariage. Quant au bourgeois vaniteux, il suscite la moquerie, mais montre aussi la promotion d'une catégorie sociale, maîtresse de l'économie. À la fin, Molière fait danser tout le monde, en transformant la réalité en un univers de fantaisie.

  • " Messieurs, en un mot autant qu'en deux mille, je vous dis que je ne suis point médecin." Sganarelle a beau protester, rien n'y fait : on veut qu'il soit médecin, quitte à le rouer de coups de bâton pour cela. Son premier cas ? Une jeune fille obstinément muette. Aux grands maux les grands remèdes, et ceux de ce médecin malgré lui sont des plus étonnants !

  • Hedda Gabler

    Henrik Ibsen

    Hedda gabler est une des cinq dernières pièces d'ibsen.
    Ecrite à munich en 1890, peu de temps avant le retour définitif de l'auteur en norvège, elle fut aussitôt traduite et publiée en plusieurs langues et montée, d'abord à munich au début de 1891, puis à londres et à pari à la fin de l'année. ibsen y a rompu avec les aspects symboliques ou mystiques de pièces comme rosmersholm : " j'ai essayé de décrire des êtres humains aussi exactement que possible, de façon aussi détaillée que possible, rien d'autre [.
    ] ; on trouvera peut-être quelque chose de révolutionnaire dans ce drame mais c'est une chose qui demeure à l'arrière-plan ".
    La pièce a séduit bien des metteurs en scène ; il suffit de citer ici lugné-p?, georges pitoëff et raymond rouleau.
    Altier et énigmatique, le personnage de hedda a aussi tenté bon nombre de comédiennes, comme marguerite jamois, ingrid bergman et delphine seyrig (à la télévision) ; il reste un des grands rôles et une des grandes et sombres destinées du théâtre d'ibsen.

  • H1 et H2 ont une discussion, franche et ouverte. C'est le dialogue de deux amis qui se connaissent de longue date, cultivent l'amitié et les souvenirs. Une conversation de bon aloi, si ce n'était cette goutte de venin qui dégrade rapidement l'atmosphère chaleureuse de leur tête-à-tête. C'est que l'un reproche à l'autre des paroles malheureuses, se sent blessé, remet en cause l'estime affectueuse qu'ils semblaient partager... Car H1 a dit, avant que la pièce commence : " C'est bien... ça... " Et ces quelques mots font l'effet d'une tornade... L'accompagnement critique fait le point sur le Nouveau Roman et sur la part prise par Nathalie Sarraute dans ce courant, notamment par l'explication des " tropismes ". L'analyse de cette courte pièce met au jour l'intertextualité (Shakespeare et Proust, notamment) et démonte les ressorts dramatiques du théâtre de Nathalie Sarraute. Un glossaire très complet des termes de dramaturgie constitue un instrument technique précieux. Pièce de théâtre (XXe siècle) recommandée pour les classes de lycée. Texte intégral.

  • Jeune diplômé, perdican rentre au château et y retrouve sa cousine camille, sortie du couvent.
    On refait les présentations. on fait semblant de ne pas s'intéresser aux sentiments. on discute plutôt. mais on écrit aussi. camille à une amie, prétendant avoir éconduit son cousin. la lettre est interceptée par perdican, et s'ensuit toute une cascade de petits mensonges et de petites manipulations qui conduisent au drame. ce n'est pas si simple de s'aimer et de se l'avouer.

    L'accompagnement critique met au jour, au long des arrêts sur lecture, la théâtralité du texte (la transposition d'un poème en pièce, la présence du choeur, l'intrigue principale et les intrigues secondaires).
    Une étude des registres comique et tragique à travers la présence d'un témoin caché, une présentation de la fortune scénique du " proverbe " répondent au programme de première.

  • Corneille aurait-il lu Pirandello ? À se laisser prendre à L'Illusion comique, à se prêter avec délectation à ces jeux d'ombres où, dans le miroir d'un magicien dramaturge, le théâtre donne à voir le reflet de lui-même, le doute ne semble pas permis : Corneille est bien pirandellien ! Ce qui n'exclut pas qu'on puisse se demander, à le voir mettre en question la représentation par cette distanciation qu'il établit entre le spectacle et son spectateur, s'il ne serait pas aussi un peu brechtien. À moins qu'on se dise qu'à tout prendre, à le regarder jouer avec le réel, changer de lieux et de décors, se complaire aux mirages de l'illusion et au bric-à-brac romanesque, mêler la féerie à la fantaisie et au drame, il pourrait bien être aussi quelque peu shakespearien !
    Rapprochements flatteurs, à l'évidence, mais qui recouvrent le talent dramatique de Corneille d'une tunique patchwork où sa couleur propre disparaît, au point qu'ils incitent finalement surtout à regarder cette pièce curieuse pour elle-même, en se demandant si, au bout du compte, avec L'Illusion comique, Corneille ne serait pas aussi, tout simplement, cornélien...

empty