Seuil

  • Ce nouveau volume des « Classiques en images » propose de renouer avec la tradition du poème court japonais à travers une sélection de 60 haïkus exclusivement consacrés aux gestes de la vie quotidienne.

    Ce recueil célèbre avec poésie et raffinement la vie de chaque jour avec ses gestes répétitifs (d'écrire une missive jusqu'à enfiler ses chaussettes, se laver les dents...). Ses instants d'oisiveté une fois le travail accompli (allumer la bougie, se peindre les ongles...) ou de joies partagées avec l'enfant (la têtée, le coucher...). La poésie qui partage notre quotidien permet aussi de s'en éloigner sans le fuir.

  • Un élève officier de l'armée austro-hongroise, aspirant écrivain, adresse ses tentatives poétiques à Rainer Maria Rilke et sollicite son avis. De 1903 à 1908, en quelque dix lettres, le jeune homme, alors à la croisée des chemins, hésitant entre la voie toute tracée de la carrière militaire et la solitude aventureuse de la vie d'écrivain, confie à son aîné admiré ses doutes, ses souffrances, ses émois sentimentaux, ses interrogations sur l'amour et la sexualité, sa difficulté de créer et d'exister. Le poète lui répond. Une correspondance s'engage. Refusant d'emblée le rôle de critique, Rilke ne dira rien sur ses vers, mais il exposera ce qu'implique pour lui le fait d'écrire, de vivre en poète et de vivre tout court.

    Publié pour la première fois dans son intégralité, cet échange intime ne permet pas seulement de découvrir enfin le contrechamp de lettres qui furent le bréviaire de générations entières, il donne au texte de Rilke une puissance et une portée nouvelles, et invite à repenser la radicalité de son engagement esthétique, mais aussi la modernité frappante de sa vision de la femme.

  • On ignore presque tout de ce que fut la vie de farid-ud-din attar.
    On sait qu'il est né à nichéã£pur, en perse, probablement en 1140, qu'il fut apothicaire, qu'il voyagea beaucoup, et qu'il mourut en 1230, dans sa quatre-vingt-dixième année.
    On sait surtout qu'il fut l'un des plus grands poètes mystiques de cette époque glorieuse du soufisme oú la quête divine atteignit des sommets inégalés. rûmi, hallaj, saadi furent ses pairs.
    Il écrivit beaucoup. le mémorial des saints, le livre divin sont de ses oeuvres majeures.
    La conférence des oiseaux est assurément la plus accomplie. elle relate le voyage de la huppe et d'une trentaine de ses compagnons en quête de simorgh, leur roi. d'innombrables contes, anecdotes, paroles de saints et de fous les accompagnent. " lis ce livre, chercheur, tu sauras oú aller, dit le poète. savoure-le longtemps et tu seras nourri. car il a de quoi t'étonner. tu le lis une fois et tu crois le connaître, mais non ! lis-le cent fois, cent merveilles nouvelles ébahiront ton oeil.
    " autant dire que la conférence des oiseaux est de ces livres qui se savourent et se fréquentent comme des amis nourriciers.

  • Avant sa mort, survenue le 7 novembre 2016 à Los Angeles, Leonard Cohen a passé de longs mois à reparcourir ses carnets, nombreux et étalés sur des décennies, pour opérer une sélection de textes en bonne part inédits (poèmes, chansons, extraits de ses carnets de notes) qui, accompagnés de dessins marqués par l'autodérision, composent le livre qu'il décide de laisser à la postérité, comme un dernier cadeau plein de vie?: plein de toute sa vie.

    On retrouve bien sûr dans ces pages les thèmes de prédilection de celui qui a commencé sa carrière comme poète et romancier, avant de devenir aussi le musicien mondialement célébré qu'on connaît. Il est question d'amour, de passions, de jalousie et de peur de l'abandon, de flamme jamais éteinte, de sexualité, de relations entre les êtres, du temps qui passe et laisse ses traces, de religion aussi, d'aspiration à la sagesse, d'états dépressifs et mélancoliques toujours teintés d'humour.

  • La poésie n'est au service de rien, rien n'est à son service. Elle ne donne pas d'ordre et elle n'en reçoit pas. Elle ne résiste pas, elle existe -- c'est ainsi qu'elle s'oppose, ou mieux : qu'elle s'appose et signale tout ce qui est contraire à la dignité, à la décence. À tout ce qui est contraire aux beautés relationnelles du vivant. Quand un inacceptable surgissait quelque part, Edouard Glissant m'appelait pour me dire : « On ne peut pas laisser passer cela ! » Il appuyait sur le « on ne peut pas ». C'était pour moi toujours étrange. Nous ne disposions d'aucun pouvoir. Nous n'étions reliés à aucune puissance. Nous n'avions que la ferveur de nos indignations. C'est pourtant sur cette fragilité, pour le moins tremblante, qu'il fondait son droit et son devoir d'intervention. Il se réclamait de cette instance où se tiennent les poètes et les beaux êtres humains. Je ne suis pas poète, mais, face à la situation faite aux migrants sur toutes les rives du monde, j'ai imaginé qu'Edouard Glissant m'avait appelé, comme m'ont appelé quelques amies très vigilantes. Cette déclaration ne saurait agir sur la barbarie des frontières et sur les crimes qui s'y commettent. Elle ne sert qu'à esquisser en nous la voie d'un autre imaginaire du monde. Ce n'est pas grand-chose. C'est juste une lueur destinée aux hygiènes de l'esprit. Peut-être, une de ces lucioles pour la moindre desquelles Pier Paolo Pasolini aurait donné sa vie.

  • La fin des années 1970 est difficile pour Leonard Cohen. Deuil de sa mère, séparation d'avec la mère de ses enfants, approche de la cinquantaine. Il opère alors un retour au judaïsme et explore sa relation à l'Éternel, tout en se méfiant de toute religion qui prétendrait à l'exclusivité.

    L'écriture des psaumes l'amène à « renoncer à sa petite volonté » pour entrer dans un dessein plus grand, beaucoup plus grand, qui permet une réunification de l'être en réparant ce qui a été brisé. Il se sauve ainsi du désespoir, et souhaite que ses psaumes en fassent autant pour ses lecteurs.

    Les psaumes contemporains de Book of Mercy (Livre de la Miséricorde) chantent la plainte humaine et passionnée d'un homme à son Créateur. Ancrés au coeur du monde moderne, ces poèmes résonnent avec une tradition de dévotion plus ancienne, biblique notamment.

  • à chacun son ciel : anthologie poétique (1984-2019) Nouv.

    La poésie n'est pas synonyme de lenteur. C'est un raccourci linguistique par excellence. Les poèmes sont généralement courts ; ils constituent un accélérateur de particules qui permet de sauter beaucoup de choses et d'aller droit à l'essentiel. Le poète est un champion de la vitesse.

    La poésie a le prestige de toute activité secrète, inutile et incompréhensible. Si elle n'était pas aussi incompréhensible, elle n'aurait pas ce prestige. Et nous, poètes, ne voyagerions pas comme nous le faisons.

    Il y a une veine spéculative dans ma poésie, qui en accompagne une autre, plus vécue, souvent autobiographique. J'aspire à une poésie qui, sans perdre ses racines dans le quotidien, ne se limite pas à l'anecdote. À partir d'une expérience particulière, la poésie parvient à illuminer une zone profonde de l'esprit.

    Être poète ne m'intéresse pas le moins du monde. Ce qui m'importe, c'est écrire un livre de poèmes. On n'est poète que lorsqu'on écrit de la poésie. Ensuite on cesse de l'être. Être poète n'est jamais une profession.


    Fabio Morábito

  • Adoniada

    Adonis

    • Seuil
    • 18 Mars 2021

    Adonis aime à présenter son Adoniada comme une autobiographie intellectuelle et poétique. Puisant dans une tradition arabe pré-islamique, il utilise la poésie dans une visée humaniste de tolérance et d'ouverture, sans jamais perdre le sens d'un lyrisme inspiré. Adoniada est tout à la fois une épopée qui raconte l'histoire mythique de la divinité du renouveau, Adonis, à qui le poète a emprunté son nom, et un témoignage bouleversant sur notre modernité. Beyrouth, Damas, Londres, Erevan, Shanghai, New York, Éphèse, Paris, autant d'étapes d'un voyage intérieur. Artaud, Baudelaire, Rilke : Rimbaud, Orphée, al-Mutanabbî, Confucius, Homère, Dante : autant de guides pour une descente dans l'enfer d'un monde dévasté et pour une élévation vers un rêve de lumière.

    Ô papillon, toi le papillon, es-tu venu pour me prendre ?
    Prends-moi, mon corps est une poignée de poussière, montre-toi et approche.

  • Formulaires

    Mohammed Dib

    Soleil derrière. Soleil devant. Des soleils. Soleils émergeant sans cesse du bleu de l'être. Ils réchauffent, ils brûlent, ils aveuglent, ils diluent le monde. Et reviennent sans cesse. Sans cesse et à seule fin de cacher une ombre, l'inlassable image allant de la noirceur à la blancheur clémente, de la ravir à la vue sitôt qu'elle commence à poindre. Elle ne peut pourtant m'apparaître que si je fixe, soutiens du regard et fixe encore pour l'immobiliser, toute cette lumière qui se refuse sans cesser d'être autour de moi, traçant un cercle de peur, d'ombre, de silence. La présence est là dans ce présent approché avec soin, car le sang peut jaillir comme les souvenirs. Une vie d'homme est en jeu.Né en Algérie, Mohammed Dib (1920-2003) est le premier écrivain maghrébin à recevoir, en 1994, le Grand Prix de la Francophonie. Il est notamment l'auteur de La Grande Maison, Le Métier à tisser et Un été africain.

  • « Patience, patience,Patience dans lazur !Chaque atome de silenceEst la chance dun fruit mûr !Paul Valéry, étendu sur le sable chaud dune lagune, regarde le ciel. Dans son champ de vision, des palmiers se balancent mollement, mûrissant leurs fruits. Il est à lécoute du temps qui sourdement fait son uvre. Cette écoute, on peut lappliquer à lunivers. Au fil du temps se déroule la gestation cosmique. A chaque seconde, lunivers prépare quelque chose. Il monte lentement les marches de la complexité. »H.R.Quand Hubert Reeves rencontre Paul Valéry, et lastrophysique la poésie, la vulgarisation des sciences enrichit dun grand classique qui, en un quart de siècle, na pas pris une ride.

  • on a pu dire de schneepart que ce sont les " poèmes de 1968 ", en donnant à ce moment sa signification historique liée aux révoltes étudiantes, aux mouvements sociaux et au printemps de prague.
    au plus près de son époque et de lui-même, paul celan y réinvente sa diction.
    en janvier 1970, dans une lettre à ilana shmueli, celan évoque, avec une fierté lucide, ces poèmes, qui ne seront publiés qu'après sa mort: " [ce volume] est sans doute ce que j'ai écrit de plus fort et de plus audacieux."

  • C'est après la publication de la rose de personne, die niemandsrose, en 1963, que paul celan écrit les poèmes de ce volume.
    Cette période coïncide avec une phase particulièrement difficile de sa vie, après une première hospitalisation dans un établissement psychiatrique. en avril 1967, quelques mois avant la parution de renverse du souffle, atemwende, celan écrit à son fils :
    " tu sais, je pense qu'un nouveau recueil de poèmes doit paraître en septembre aux éditions suhrkamp (mon nouvel éditeur à francfort), c'est une date importante dans ma vie, car ce livre, à plusieurs égards, dont, avant tout, celui de sa langue, marque un tournant (dont les lecteurs ne pourront pas ne pas se rendre compte).
    " atemwende paraît pour la première fois en français.

  • Ce livre est l'autobiographie - par le détour de la poésie - du diplomate Stéphane Hessel, qui a traversé le XXe siècle en homme courageux, sensible, engagé dans la défense des droits de l'homme. C'est une figure qui, dans l'âge avancé, décide de transmettre les trésors accumulés et conservés dans sa mémoire, avec les souvenirs et les retentissements qui leur sont attachés.

    Stéphane Hessel partage ici, dans leur langue originale en français, en anglais et en allemand (traduction française en fin de livre), quatre-vingt-huit poèmes - connus et moins connus - de François Villon à Christian Planque en passant par Shakespeare, Hölderlin, Keats, Yeats, Rilke, Apollinaire et d'autres encore, qu'il a un jour appris par coeur et qu'il n'a jamais oubliés. Et l'on découvre, ému, pourquoi chacun d'eux a joué un rôle important, voire décisif, au cours de sa vie.

    La poésie comme respiration, la poésie comme colonne vertébrale, la poésie comme nécessité.

  • Hommage personnel, écrit de circonstance, contrainte littérale : trois grandes traditions de la poésie occidentale se rejoignent dans ces Beaux présents, qui explorent de façon variée les potentialités littéraires d'alphabets restreints et poursuivent les recherches inaugurées en 1969 par Georges Perec avec son roman sans e, La Disparition.

    Renouant avec les plus anciennes joies combinatoires de l'anagramme, Georges Perec les renouvelle, les systématise et les enrichit dans l'esprit d'une féconde poétique du manque. Au-delà du déchiffrement et de l'anecdote, ces pièces de patient et amical artisanat textuel invitent à la découverte d'un lyrisme généreux autant que discret.

  • POETIQUE t.190 Nouv.

  • Florian Pennanech, Arnaud Welfringer : Vérité et motivation.

    Christine Noille : Le montage dramatique.

    Philippe Dufour : Du style descriptif. La réponse de Flaubert à Lessing.

    Christian Michel : Paroles gelées, paroles dégelées, paroles en l'air. Pluralité des signes et poétique du sens dans le Quart Livre.

    Maxime Cartron : Description de la fameuse Fontaine de Vaucluse en douze sonnets.

    Franc Schuerewegen : Astyanax, je pense à vous.

    Emilie Ieven : Que peut-on savoir d'un homme aujourd'hui? Le cas d'Emile Zatopek, par Jean Echenoz.

    Maxime Pierre : D'un récit à l'autre. Retour sur la notion de diègèsis de Platon à Aristote.

  • Parra est mathématicien, professeur. C'est l'un des grands poètes sud-américains. On lui a donné le prix Cervantes en 2011, ça ne l'a pas tué. Quand il écrit, c'est sans perruque, pas sans mâchoire : ses dents montrent la joie, le rire, la grimace, le dentier, le cadavre. La conscience ordinaire, celle de l'homme de la rue et de son langage, trouve une expression lyrique.
    [...] La poésie est un glissement de terrain, le lieu de la crise. C'est une ligne de rupture et un casse-tête. "Casse-tête" est le titre d'un vieux poème de Nicanor Parra, écrivain chilien de cent trois ans qu'une certaine colère poétique a conservé, comme si l'absence de compromis esthétique et sentimental était un gage de survie.

    Philippe Lançon.

  • Cambouis

    Antoine Emaz

    Reconnu comme un des principaux poètes français d'aujourd'hui, on sait moins le travail massif de carnets, lectures, réflexions qu'antoine emaz accomplit au quotidien.
    Dans la lignée de reverdy et d'andré du bouchet, sa poésie est tranchante, âpre (ses titres : boue, os, peau). une considérable économie de mots et de moyens lui donne sa force, mais aussi sa proximité du quotidien. ecriture du corps, de la ville. mais l'atelier d'antoine emaz, c'est aussi cette première strate des carnets, observation, lectures, affrontement écrit du quotidien. cambouis, c'est ce travail au jour le jour de la poésie, une réflexion considérable sur l'écriture.

  • La poésie

    Aimé Césaire

    • Seuil
    • 2 Février 2006

    La disparition d'Aimé Césaire, il y a un an, donna lieu à un surprenant concert de louanges médiatiques. Les obsèques nationales qui lui furent rendues, l'empressement aussi unanime que tardif de la classe politique française, où perçait l'aveu d'une certaine mauvaise conscience, tout ceci ne doit pas faire oublier qu'Aimé Césaire fut longtemps tenu à la marge. Homme de colère plutôt que de compromis, il est avant tout l'auteur d'une oeuvre poétique enfiévrée, enchantée, dont les premiers mots résonnent encore avec une violence nue : " Au bout du petit matin.../ Va-t'en, lui disais-je, gueule de flic, gueule de vache, va-t'en je déteste les larbins de l'ordre et les hannetons de l'espérance. " (Cahier d'un retour au pays natal). Sous le titre général La Poésie, cette oeuvre fut rassemblée au Seuil pour la première fois en 1994, puis rééditée en 2006. Elle est à nouveau remise en vente.

    Aimé Césaire est né en 1913 et mort le 17 avril 2008. Poète majeur des Antilles françaises, dramaturge, inventeur du concept de négritude dans la revue " L'Étudiant noir " qu'il fonda en 1934, auteur du Discours sur le colonialisme, il s'engagea directement dans l'action politique, en tant que maire de Fort-de-France pendant 56 ans et député de la Martinique pendant 48 ans.


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