• « Je suis persuadé que le cinéma peut véhiculer certaines choses qu'aucune langue au monde ne peut traduire. » Artavazd Péléchian énonce en quelques mots un acte de foi dans les puissances poétiques propres au cinéma. Le cinéma invente une forme ineffable, faite de sons et d'images, que le langage ne peut épuiser.
    En quelques films incontournables - Au début (1967), Nous (1969), Les Habitants (1970), Les Saisons (1975-1977), Notre Siècle (1982), Fin (1992), Vie (1993) - et un livre théorique (Moei Kino / Mon cinéma) il invente un cinéma de pure émotion, entre poésie et musique, qui participe à renouveler la théorie classique du montage héritée des grands maîtres soviétiques, Eisenstein et Vertov. Dans un montage serré, ses films construisent des unités dynamiques et mouvantes pour un cinéma pleinement sonore.
    Enfant de l'Union soviétique, ce maître du cinéma arménien écrit une ode héroïque et lyrique aux peuples en marche, aux travaux immémoriaux des hommes, à la conquête du ciel et de l'espace. Critiques et cinéastes sont réunis dans cet ouvrage pour questionner l'oeuvre de cet inventeur de cinéma qui raconte l'histoire du siècle, entre élans, espoirs et inquiétudes.
    Comment le cinéma de Péléchian entre-t-il en dialogue avec notre temps?

  • Peintre, scénographe et cinéaste, René Allio (Marseille, 1924-Paris, 1995) marque durablement l'histoire du théâtre et du cinéma français dont il renouvelle les formes et les genres par un constant travail d'expérimentation. Aux côtés d'Hubert Gignoux, au Centre dramatique de l'Ouest, de Gabriel Garran, au Théâtre de la Commune d'Aubervilliers, de Roger Planchon au Théâtre de la Cité de Villeurbanne, il repense l'espace théâtral.

    A partir des années 1960, il passe derrière la caméra pour s'essayer, à son tour, à l'art du récit. La Vieille Dame indigne (1965), Les Camisards (1970-1972), Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma soeur et mon frère... (1976), L'Heure exquise (1981) marquent brillamment les grandes étapes d'une carrière inclassable au cours de laquelle l'artiste se met constamment en danger.

    Cet ouvrage, qui croise articles scientifiques et témoignages avec les proches collaborateurs d'Allio,suit le mouvement de sa création dans ses travaux de costumier, scénographes, écrivain, metteur en scène. Il souligne le fort ancrage de son oeuvre dans des lieux, des territoires : Marseille, Villeurbanne, la banlieue parisienne ou la Normandie... Il offre enfin un nouvel éclairage sur Moi, Pierre Rivière..., expérience unique dans l'histoire du cinéma, par laquelle Allio met en scène les pièces du dossier du jeune parricide réunies par Michel Foucault.

  • Pour la première fois, un livre retrace toutes les histoires de René Allio. Des documents largement inédits sont présentés par des chercheurs de divers horizons. Des photographies, affiches, tableaux se mêlent aux textes de l'artiste, aux notices sur ses réalisations et aux témoignages de ses partenaires et proches collaborateurs. À travers les multiples facettes du créateur, l'ouvrage dévoile un itinéraire esthétique, politique et intellectuel d'une grande exigence.

    Publié avec le soutien du conseil scientifique de l'université Paris 1 et de l'IMEC.

  • Le centre méditerranéen de création cinématographique : une expérience de la décentralisation Nouv.

    Entre 1979 et 1985, le cinéaste René Allio dirige à Fontblanche, près de Marseille, le Centre Méditerranéen de Création Cinématographique, pionnier d'une expérience de décentralisation cinématographique. Pensé comme un outil d'aide à la production et à la réalisation, le centre est un lieu de réflexion, de rencontres et d'accompagnement des techniciens et réalisateurs.
    Il devient un pôle incontournable pour les cinéastes méditerranéens. Tous les documents et articles réunis dans cet ouvrage interrogent les possibles d'un cinéma méditerranéen et tentent de repenser les circuits de création.

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