• Dürer fascine ! Chaque trait de son stylet vibre de sens, chaque point de ses oeuvres captive le regard et le transporte au-delà de ce qu'il perçoit, dans un univers où tout se raconte et se tait, se découvre et se masque, où la lumière et l'ombre sont « en regard » l'une de l'autre, invitant l'oeil à se projeter « entre elles » pour voir ! Avec Dürer, la beauté fait oeuvre de connaissance. Voir est un art qui « se cultive » et saisit l'oeil par la forme et le sens, et pour peu qu'il se pose un temps en un point, la forme devient symbole et le sens idée, le « voyant » pense et le penseur voit.

    Au-delà de sa maîtrise technique en dessin, peinture, gravure, architecture, sculpture, ingénierie, Dürer éclaire son travail de ses connaissances en alchimie, art du Trait et philosophie, domaines régulièrement écartés des disciplines artistiques et métiers artisanaux de nos jours, et pourtant « circulant » entre les grands « foyers » de « connaissance » de l'Europe à la Renaissance. L'artiste est alors un penseur « renaissant » complet qui devient un savant, écrit ou utilise des traités théoriques, connaît ou réécrit les règles de son art, s'attache à l'étude du corps humain, et magnifie la « nature humaine » en ses dimensions physique, intellectuelle, mentale et spirituelle.

    Les gravures de Dürer sont des miroirs « réfléchissant » les tracés lumineux de la pensée, croisant allègrement leurs dimensions sensibles et symboliques pour que jaillissent l'imprévu et l'incommensurable « en regard » des pensées rationnelles. Tout est symbole auprès de Dürer et rien dans la vie n'est dépourvu de raison d'être dès que la conscience plonge dans l'intériorité de l'âme et jaillit « au-delà » comme l'« esprit mordant » de la gravure « MELENCOLIA ».

    « Passeport pour l'invisible ! » pourrait être le titre de ce livre conduisant pas à pas le lecteur aux extrêmes limites du monde sensible et aux prémisses d'un univers insensible et pourtant déjà là, ici et maintenant, riche de promesses pour les chercheurs sincères, chevaliers et chevalières de l'esprit.

  • Le palais des nuages

    Patrick Carré

    Le personnage romanesque qui nous introduit ici à la confidence de sa vie, si excessif soit-il, a bien existé.

    Les historiens le connaissent sous le nom de Houci Tsong, dernier empereur des Song du Nord (XIIe siècle), peintre et calligraphe de haut rang, qui rêva d'installer sur terre un ordre politique inouï. fondé sur le seul pouvoir de la Beauté. Figure émouvante que celle de ce souverain éperdu d'art - et bientôt perdu par l'art -, dévoyé en toute lucidité et folie, dévoré finalement par un projet qui excédait les possibilités humaines, fussent-elles celles d'un Fils du Ciel.

    L'aventure imaginée par Patrick Carré tourne résolument le dos aux conventions de la chronique historique. Nous est plutôt proposé le récit, tout ensemble précis et halluciné, d'une existence vouée à tous les extrêmes beauté et volupté cultivées à une échelle monstrueuse. souffrance et mépris endurés dans les conditions les plus cruelles. Soit l'histoire d'un homme (ou d'un dieu) qui, avant épuisé ce que le ciel et la terre offrent de meilleur, brûla de s'abîmer dans le gouffre du pire.

  • JE SUIS PHARAON projette l'âme des lecteurs dans la structure vivifiante des 9 composants de l'être égyptien, afin de générer chez eux un immense sentiment de bien-être comme au temps des Anciens Égyptiens. Leur spiritualité est une bouffée d'air frais pour les hommes et les femmes qui cherchent le moyen de s'élever par soi-même jusqu'à Dieu, renouvelant par là même totalement les rôles du corps et de l'esprit dans cette aventure spirituelle intérieure.

    L'auteur dévoile un à un les ressorts d'une réelle renaissance intérieure vécue avec bonheur par les Anciens Égyptiens et partagée entre initiés dans leurs Écoles de Mystères.

    Et comme tout est relié, cette connaissance subtile de l'être conduit le lecteur auprès des yogis pratiquant comme les scribes l'art de bien-être pour bien écrire les hiéroglyphes, et à redécouvrir un symbolisme alchimique vécu de l'intérieur illustrant les transformations réelles de l'être, celles de l'auteur qui peut en témoigner et peut-être même celles des lecteurs, ce qui serait la plus belle des raisons d'être de ce livre.

  • Ce livre met « en regard » les rituels maçonniques du Rite Écossais Ancien et Accepté, tels qu'ils furent rédigés à l'origine au XVIIIe siècle, et les traités anciens des alchimistes, afin de « projeter » (terme alchimique) les Maçons et Maçonnes dans chacune des phases de l'oeuvre grâce à l'étude des rituels, et inversement de faire redécouvrir le sens des rituels à travers ce prisme alchimique.
    Ce regard croisé anime de l'intérieur les symboles en deux dimensions, et tend à transformer leur « vision » statique en « visualisation » dynamique en conscience, jusqu'à les « voir » en trois dimensions s'animer et « illustrer » le perfectionnement et l'accomplissement spirituel de chaque Maçon et Maçonne sur le chemin de l'Initiation.

  • En philosophant dans l'acte de vivre et en oeuvrant ainsi à l'ouverture sapientiale de ceux qui l'entouraient, le non-philosophe grec Pyrrhon d'Élis (IVe siècle avant notre ère) offrait à la «science occidentale» le secret même de la «sagesse orientale» : la vacuité.

    Mais ce n'est pas d'une vacuité nécessairement bouddhiste qu'il est question ici. Celle que l'auteur effleure avec nostalgie n'est autre que l'essence de toute chose, une inconcevable pureté dont il chante l'évidence, à la vitesse de la révolte: rêvant de ressaisir l'insaisissable. La mémoire, l'hallucination, l'increvable désir de (se) transcender et la dérision tissent un merveilleux patch de poèmes, de réflexions et de citations éblouissants miroirs promis à atomiser l'ignorance.

    Portant à un extrême et audacieux degré d'incandescence lyrique le concept de vacuité, Patrick Carré retrouve le lien qui unit une certaine tradition philosophique occidentale visionnaire (Épicure, Spinoza, Nietzsche) à la tradition orientale fondée sur le contraire même du réalisme naïf et l'identité du voir et du savoir.

    Nostalgie de la vacuité est une réédition dûment amendée de l'Éloge de la vacuité paru en 1991 qui accompagnait le roman Yavana où Pyrrhon est rêvé plus en détail.

  • « À la fois sereine et exaltée, la poésie des grands classiques chinois nous traverse d'un souffle vertigineux. On la découvre une fois : on ne s'en remet pas. Il y a en elle une exigence d'impossible, une façon de nous dérouter pour nous ramener infailliblement au juste chemin : la poésie comme flux vital, entrée en collision, découverte du coeur inconnu. » Dans cette superbe anthologie, les auteurs nous emmènent à la découverte des plus grands poètes chinois. Un parcours onirique en six chapitres - « Ermites rêvés », « La montagne refuge », « Ivresses magiques », « Balades d'immortels », « Femmes, chevaux et lunes » et « Eclats d'éveil » - qui constitue une authentique initiation à la vision taoïste du monde et à son potentiel révolutionnaire : « Chaque fois que la pensée commune domine, celle qui donne les ordres et distribue la pseudo-vérité de sa seule omniprésence, étouffant les territoires imaginaires par son langage empoisonné, maniaque et tatillon, la poésie fait retour. »

  • Cet ouvrage est une introduction à l'oeuvre d'une douzaine de grands auteurs de la psychologie francophone et anglophone : il présente les principaux concepts de leurs constructions théoriques et une analyse de leur actualité. Chaque chapitre est rédigé dans une visée d'usage pour les pratiques de la formation des adultes, selon la structure suivante : aperçu biographique de l'auteur et contexte de son oeuvre ; présentation de la construction théorique et des concepts-clés ; critiques, succession et actualité de la pensée de l'auteur ; inspirations, implications et importance pour les pratiques de formation.

  • Devenu peintre officiel de la Marine en 1921, Eugène-Louis Gillot est largement ignoré du grand public aujourd'hui. A tort ! Né en 1867, et impressionniste a connu la célébrité de son vivant en France, aux Etats-Unis et en Angleterre. Ses oeuvres, présentées dans plusieurs expositions rétrospectives, sont conservées par de nombreux collectionneurs et musées dans le monde.
    Par cette première monographie consacrée à Eugène-Louis Gillot, les auteurs apportent une contribution importante, non seulement à la connaissance de l'artiste et son oeuvre, mais aussi à celle de la Société nationale des beaux-arts de la mer dont il fut le créateur. On découvre aussi comment les idées de Gillot ont fait leur chemin bien après sa mort, avec la création du salon de la Marine et de l'Association des peintres officiels de la Marine...

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