• Hachélème

    Amélie Louis

    Julie se cramponne seule aux deux piliers de son existence : le temps présent, cadencé par son journal intime à l'écriture ironique et pressée, et le futur proche, pointé sur ses nouvelles résolutions.
    Elle échafaude mille stratégies avec la désinvolture de ses dix-sept ans, en posant un regard impertinent et désabusé sur le monde peuplé de trois groupes d'individus, ceux qu'elle décide de séduire, ceux qu'elle ignore, et ceux qu'elle déteste.
    De caves en cages d'escalier, se dévoile avec une jubilatoire précision, l'intimité d'un quartier sensible vu par ses acteurs du quotidien, employés ou locataires de la seule institution du coin : les hachélèmes.

  • Soudain, dans une trouée de nuages, l'astre de la nuit éclaire les tessons bleus à ses pieds. Il ne se souvient pas avoir cassé le verre. Est-ce quand quelqu'un a dit « Carlos est mort ? ».
    Anonymes ou célèbres, les personnages de ces sept nouvelles traversent un à un ces moments qui nous angoissent : le désamour, la séparation, la maladie, la perte d'un être cher. Ils ne sont pas héroïques, mais chacun à sa manière regardera sa peur en face, trouvera son chemin de vie et en sortira grandi. Tous les jours, nous croisons ces géants et leurs drames familiers. Quelle que soit leur façade sociale, en déployant leurs ailes pour affronter leurs émotions en conscience, ils éclairent nos propres existences.

  • Une élection cantonale en milieu rural, loin des joutes des ténors des partis, des paparazzis et des secrets d'état. Et pourtant, un suicide, deux suicides... Voici que le président sortant, un vieux buffle rompu aux guerres fratricides, recrute une panthère aussi séductrice que toxique qui ondule entre hyènes et crocodile. Combien encore de victimes du désir de pouvoir ? Car le désir de pouvoir est si violent qu'il cristallise tous les autres, désir de séduction, de reconnaissance, de notoriété. Amélie Louis examine avec impertinence ces animaux politiques, apparemment calculateurs et sans pitié, secrètement mus par des attachements si humains. Le président du conseil général est un vieux buffle rompu aux joutes politiques telles que celle qui s'amorce. Pourtant, c'est avec un mauvais pressentiment qu'il arrive aujourd'hui dans les bureaux du Département. Bertrand, le loup qui lui sert de second vice-président, pourrait bien le trahir malgré la surveillance de Jean, la hyène de service.

  • Il existe mille manières d'approcher une culture, un peuple, une civilisation.
    L'une des plus anciennes est le conte, qui plonge ses racines au plus profond de l'âme humaine. Récit au-delà des âges, il transmet l'essentiel des valeurs d'un peuple, dans un langage simple et accessible, porté par un imaginaire poétique souvent plein de charme. Les contes présentés dans cet ouvrage démontrent l'attachement du peuple birman aux valeurs morales enseignées par le bouddhisme.
    Ils proposent, avec une fraîcheur et une naïveté vivifiantes, des repères aux personnes aux prises avec les inévitables rivalités, les conflits de loyauté et autres tracasseries du quotidien. Le rythme, les images utilisées, leur simplicité, sont autant d'aspects qui donnent à ces histoires leur force et leur capacité à émouvoir, et qui enchantent l'esprit. L'ouvrage dont sont tirés ces textes est le Thoudamma Sâri Dammazat, l'un des nombreux recueils de décisions plus ou moins fabuleuses, attribuées à des rois, des juges ou des princesses du temps passé.
    Ces contes étaient encore utilisés à la fin du 19e siècle par les tribunaux pour rendre leurs verdicts; les juges devaient alors "s'inspirer de la plus pure équité". Quant aux nat, ces êtres surnaturels, bienfaisants ou cruels, très familiers des Birmans et qui apparaissent souvent dans ces fables, ils sont l'une des nombreuses survivances des cultes animistes. Les illustrations originales de ce livre sont l'oeuvre d'Amélie Strobino, une jeune et prometteuse dessinatrice genevoise.

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