Solal

  • Peut-on apprendre un geste en regardant ? La question semble presque saugrenue, tant l'imitation est au coeur de notre quotidien.
    Lorsque je tire la langue, ma fille de 14 mois fait de même. Lorsque je passe près d'un terrain de sport, j'entends souvent l'enseignant demander à ses élèves d'observer et de faire pareil. Lorsque je compulse la littérature scientifique et technique sur l'apprentissage moteur, je découvre que " les capacités d'imitation sont particulièrement fortes chez les enfants " (Knapp), que " la démonstration est un moyen pédagogique très utile " (FFT) et qu'en fait " l'imitation - copier des mouvements du corps - apparaît comme étant simple " (Brass et Heyes).
    Même l'aride neurophysiologie m'indique qu'il existe des neurones " miroirs ", qui répondent non seulement lorsque je réalise une action, mais aussi lorsque je regarde un tiers accomplir cette action. Une telle correspondance visuo-motrice fournit semble-t-il un solide support au processus d'imitation gestuelle. Le présent ouvrage interroge, pour finalement la rejeter, l'hégémonie des idées précédentes.
    Plusieurs questions sont abordées successivement. L'imitation est-elle aussi naturelle et irrépressible qu'on le dit ? Les neurones miroirs représentent-ils un fondement crédible au processus d'imitation gestuelle ? Est-ce la forme ou le but qui qualifie le mouvement et détermine les processus neurophysiologiques à mettre en oeuvre ? L'apprentissage moteur obéit-il à une logique centripète (partant d'une multiplicité d'expériences entrelacées pour élaborer, par abstraction, une règle générale et généralisable) ou centrifuge (partant d'une instance particulière " moyenne " de l'habileté pour aboutir par différenciation progressive à une large palette de comportements adaptables) ? Le système nerveux peut-il, à partir d'un modèle visuel externe, déterminer la nature des commandes musculaires à générer pour éviter, par exemple, qu'une action de mon bras ne déséquilibre ma course ? Le geste de l'expert, souvent utilisé comme référence par les pédagogues, est-il accessible à l'appareil sensori-moteur du sujet débutant ? Ce travail se veut un outil de référence pour les étudiants, enseignants, chercheurs et praticiens de terrain intéressés par les domaines de l'imitation et de l'apprentissage moteur.

  • " Tout le monde sait ce qu'est l'attention " écrivait William James. Le chercheur actuel qui travaille sur l'attention peut alors se demander : " si tout le monde sait ce qu'est l'attention, alors pourquoi je passe mon temps à travailler sur ce sujet ? ". Le siècle qui nous sépare de William James a vu naître des procédures expérimentales complexes permettant d'étudier les processus attentionnels, leurs troubles et leurs bases neurales. Les chercheurs en neurosciences cognitives n'ont pas chômé, et il est devenu nécessaire d'aborder les multiples facettes de l'attention visuelle dans un livre collectif. Ce livre, écrit par des spécialistes du domaine, a l'ambition d'aborder plusieurs dimensions de l'attention visuelle et de vous convaincre que tout le monde ne sait pas ce qu'est l'attention !

  • Cet ouvrage propose un large panorama de la problématique des relations entre perception et action dans des domaines très divers : locomotion, écriture, orientation spatiale, perception visuelle et haptique, sports, etc.
    Il présente des recherches récentes, menées chez l'enfant et l'adulte sains, chez des patients souffrant de troubles neurologiques ou psychiatriques, ou encore en robotique. Les comportements adaptés aux contraintes de l'environnement peuvent être étudiés en considérant le cerveau comme un système de traitement de l'information construisant des représentations du monde sensible qui servent de support à la perception ou à l'action.
    Cette conception hiérarchique du fonctionnement cérébral, admet comme étape initiale un traitement modulaire des caractéristiques des événements sensoriels, et comme étape ultime l'intégration du produit des différents traitements réalisés, dont l'un des corrélats serait le phénomène de conscience. Face à cette conception séquentielle, un autre courant de recherche appréhende la perception et l'action comme deux facettes d'un même processus cyclique permettant l'émergence de comportement orientés autonomes.
    Ceci conduit à envisager les variations sensorielles comme des déclencheurs de l'action, mais également comme des conséquences de l'action contribuant à son guidage en fonction des intentions de l'organisme. De même, les compétences motrices peuvent orienter la sélection d'évènements sensoriels servant de support à l'expérience perceptive. Cet ouvrage multidisciplinaire témoigne de l'impact scientifique de cette approche.
    Etudiants, praticiens en rééducation fonctionnelles, enseignants, chercheurs, lecteurs curieux de suivre l'avancée des idées scientifiques y trouveront matière à alimenter leur réflexion.

  • Cet ouvrage propose une approche nouvelle de la mémoire, qui se démarque non seulement des conceptions intuitives que peut avoir le non spécialiste, mais aussi des modélisations de la mémoire classiquement proposées par les psychologues cognitivistes.
    Dans cette approche, les connaissances, mais aussi les "traitements" de ces connaissances, correspondent à des états particuliers d'un "système unique" de mémoire. Celui-ci conserverait une trace de toutes les expériences auxquelles l'individu est confronté. Les traces seraient codées au sein de multiples structures distribuées sur l'ensemble du cerveau. Un grand nombre d'arguments semblent montrer que les dimensions descriptives des traces, et donc des connaissances qui peuvent émerger du système mnésique, sont essentiellement des dimensions sensorielles, motrices et émotionnelles.
    Concernant la dynamique de l'émergence des connaissances, la confrontation avec l'environnement se traduit très rapidement par des activations en parallèle dans les nombreuses structures codant les propriétés élémentaires des objets. Ces premières activations sont ensuite progressivement intégrées, permettant ainsi un accès en cascade à des connaissances de plus en plus élaborées et unitaires en rapport avec l'environnement présent.
    L'émotion semble jouer un rôle fondamental dans ces mécanismes mnésiques. Les connaissances ne sont donc que l'émergence d'une interaction entre l'environnement et les propriétés du système nerveux. Elles n'ont aucune existence indépendamment des situations dans lesquelles elles sont utilisées. Elles deviennent des connaissances situationnelles. Une telle conception unitaire de la mémoire a des implications dans d'autres domaines de la psychologie cognitive, notamment la perception et l'attention.
    Étudiants, enseignants, chercheurs, lecteurs désireux de suivre l'évolution des idées scientifiques y trouveront matière à alimenter leur réflexion.

  • Cet ouvrage, fruit d'une élaboration entre plusieurs spécialistes mondiaux des asymétries, fait le bilan des connaissances les plus récentes sur la latéralité.
    L'utilisation préférentielle d'une main, la droite pour la plupart d'entre nous, est la plus connue et la plus évidente des asymétries mais elle ne représente qu'une des nombreuses asymétries qui nous caractérisent. Quelle que soit l'échelle où l'on se situe, moléculaire, anatomique, physiologique ou comportementale, ces asymétries sont omniprésentes. Qui plus est, il n'est pas rare que l'absence d'asymétrie soit associée à des anomalies du développement.
    La latéralité sensori-motrice et la latéralisation des fonctions spatiales et de communication ne sont pas l'apanage de l'homme et s'observent dans de nombreuses autres espèces animales. L'observation de fossiles ou d'artefacts humains laisse supposer que leur apparition remonte à une époque très lointaine. Quant à savoir ce qui pousse le jeune enfant à développer une préférence pour l'utilisation d'une main, le débat reste d'actualité : des facteurs d'origine génétique sont sans doute responsables des tendances asymétriques observées dans le domaine sensori-moteur dès le début du développement, mais de nombreux biais environnementaux transforment cette tendance en une préférence plus ou moins affirmée au cours du développement.
    L'association d'approches différentes (cognitives et neurocognitives, humaine et animale) fait de cet ouvrage une référence sur ces questions majeures concernant les asymétries. Il intéressera tout particulièrement les chercheurs et enseignants en neurosciences et en psychologie ainsi que les neuropsychologues, psychologues et étudiants.

  • Dans le domaine de la perception humaine, les " sens chimiques ", goût et olfaction, sont manifestement les parents pauvres de la recherche en neurosciences, lorsqu'on les compare aux modalités visuelle, auditive et même tactile.
    En ce qui concerne l'olfaction, il semble qu'un regain d'intérêt se manifeste depuis quelques années, qui se traduit par un nombre croissant de publications dans de nombreuses disciplines telles que la biochimie, la génétique, la neurophysiologie ou les neurosciences cognitives. Toutefois, peu de revues générales sur cette thématique existent en langue française. Le but de cet ouvrage est donc d'offrir une large synthèse des connaissances actuelles sur l'olfaction, utile aux chercheurs, aux enseignants et aux étudiants intéressés par les différents aspects de cette modalité sensorielle, et de présenter les principales voies de recherches a venir.
    Le premier chapitre, à essentiellement tourné vers la biochimie, présente les propriétés et la diversité des molécules odorantes. Le second chapitre, essentiellement tourné vers la neurophysiologie et la neuroanatomie décrit le système olfactif, depuis les récepteurs périphériques jusqu'aux structures centrales de traitement et d'intégration. Le troisième chapitre, essentiellement tourné vers les neurosciences cognitives et la neuropsychologie, s'intéresse au traitement cognitif des informations olfactives (en particulier, la spécificité de la mémoire olfactive) et aux troubles olfactifs.
    Le quatrième chapitre est consacré aux comportements induits par les odeurs (la question de l'existence des phéromones chez l'homme y est abordée). Enfin, le dernier chapitre s'intéresse aux implications industrielles et commerciales, pour la plupart très récentes, liées au développement des connaissances sur l'olfaction.

  • Constamment, notre cerveau doit percevoir des informations de toutes natures (auditives, visuelles...), et les stocker temporairement, le temps nécessaire à leur interprétation et à leur manipulation.
    Ces informations doivent également pouvoir être encodées en des traces plus durables, et être ensuite récupérées en mémoire à long terme. Ces trois niveaux de traitement (perception, mémoire de travail, et mémoire à long terme) ont été amplement explorés en psychologie et neuropsychologie cognitive, et ils ont suscité de nombreux modèles théoriques. Cependant, la question des relations entre ces trois fonctions cognitives n'a été abordée que plus récemment.
    Le but du présent ouvrage est de présenter et d'analyser certains des modèles théoriques qui ont tenté de rendre compte des relations unissant perception, mémoire de travail, et mémoire à long terme, ainsi que les travaux cognitifs, développementaux, neuropsychologiques, et d'imagerie cérébrale sur lesquels ces modèles ont été élaborés. Cet ouvrage s'adresse aux étudiants, chercheurs, et cliniciens (psychologues, orthophonistes, neurologues, psychiatres, etc.) qui s'intéressent aux relations complexes entre perception et mémoire, et plus généralement aux conceptions intégratives et dynamiques du fonctionnement cognitif.

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