Lettres et langues

  • Durant les années 1974-1975 et 1975-1976, Roland Barthes a tenu son séminaire à l'École pratique des hautes études sur le thème du discours amoureux. De là sont nés ses célèbres Fragments d'un discours amoureux. Le présent volume en propose donc la généalogie et permet de mesurer la différence entre le travail du professeur et celui de l'écrivain : fragments en germe dans le Séminaire mais non retenus pour l'édition définitive, postface (« Comment est fait ce livre ») finalement sacrifiée.

    On retrouve à la lecture de ce séminaire les fulgurances de Barthes (« Sentiment raisonnable : tout s'arrange - mais rien ne dure. Sentiment amoureux : rien ne s'arrange, et pourtant cela dure »), nourries, comme le veut le genre, de multiples références.

    Servie par un remarquable travail d'annotation, l'édition de ce texte privilégie la lisibilité pour le lecteur d'aujourd'hui.

  • Ce livre est un exercice d'admiration. J'ai eu la chance de rencontrer en Roland Barthes quelqu'un de totalement habité par la passion de la littérature et le désir de l'écriture, et qui avait la particularité d'écrire pour faire sentir ce désir, communiquer son éclat. D'écrire et d'enseigner. Il s'est agi pour moi en ces pages de faire exister Roland Barthes comme professeur, et plus largement, de souligner un certain nombre de valeurs que chacun de ses livres affirme, telles : l'amour de la langue, la différence au lieu du conflit, le goût du présent. Des valeurs sous le signe de l'harmonie, mais qui recèlent, s'il le faut, un pouvoir de résistance à tout ce qui se situe du côté du stéréotype, de la répétition mécanique, de la violence.

    C.T.

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  • « Comme le suggère sans doute un titre dont la constance ne doit (presque) rien à la paresse, on trouve ici des pages aussi diverses par leur âge que par leurs thèmes. Leur propos est d'esthétique en général, de poétique en particulier, de musique parfois, de peinture souvent, mais le plus spécifique en apparence y a souvent trait au plus universel. Leur disposition, quoique nullement aléatoire, n'exige aucun respect de la part du lecteur, qui s'en affranchira même assez pour négliger, s'il veut, telle ou telle étape : sauter des pages est un droit qu'on acquiert avec chaque livre, et qu'on ne saurait exercer avec trop d'ardeur, puisque - l'étymologie nous l'assure - lire, c'est choisir, et donc, bien évidemment, ne pas lire. Quelques-uns de ces objets pourtant - Stendhal, Proust, Venise - insistent, et signent.» G.G.

  • Muriel Gilbert dévoile avec une drôlerie rafraîchissante et enlevée le quotidien de son métier de correctrice.

    « Avec ce livre, j'ai voulu vous ouvrir la porte du bureau des correcteurs, lieu mystérieux où l'on tutoie les dictionnaires et où l'on s'interroge sur la couleur des vaches, la différence entre une mitraillette et une mitrailleuse, les noms des fromages et les accords du participe passé. Mais je partage aussi mes trucs et astuces pour déceler les fautes en un clin d'oeil et vous verrez qu'à l'heure des logiciels de correction rien ne remplace un bon vieux stylo rouge... »

  • Figures I Rassemble dix-huit études de notes critiques écrites entre 1959 et 1965. A travers des sujets aussi divers que Proust et Robbe-Grillet, Borges et l'Astrée, Flaubert et Valéry, le structuralisme moderne et la poétique baroque, mais liés ici par un réseau continu d'implications réciproques, une question reste constamment posée : elle porte sur la nature et l'usage de cette étrange parole réservée (tout à la fois offerte et retenue, donnée et refusée) qu'est la littérature.

  • Les cinq études qui composent ce volume forment une suite rigoureuse qui est un essai de méthode « appliqué » à la Recherche du temps perdu.

    « Comme toute oeuvre, comme tout organisme, la Recherche est faite d'éléments universels qu'elle assemble en une totalité singulière. L'analyser, c'est donc aller non du général au particulier, mais bien du particulier au général. Ce paradoxe est celui de toute poétique, sans doute aussi de toute activité de connaissance, toujours écartelée entre ces deux lieux communs incontournables, qu'il n'est d'objets que singuliers, et qu'il n'est de science que du général ; toujours cependant réconfortée, et comme aimantée, par cette autre vérité un peu moins répandue, que le général est au coeur du singulier, et donc - contrairement au préjugé commun - le connaissable au coeur du mystère. » G. G.

  • Un palimpseste est un parchemin dont on a gratté la première inscription pour en tracer une autre, qui ne la cache pas tout à fait, en sorte qu'on peut y lire, par transparence, l'ancien sous le nouveau. On entendra donc, au figuré, par palimpsestes (plus littéralement : hypertextes), toutes les oeuvres dérivées d'une oeuvre antérieure, par transformation ou par imitation. De cette littérature au second degré, qui s'écrit en lisant, la place et l'action dans le champ littéraire sont généralement, et fâcheusement, méconnues. On entreprend ici d'explorer ce territoire.

    Un texte peut toujours en lire un autre, et ainsi de suite jusqu'à la fin des textes. Celui-ci n'échappe pas à la règle : il l'expose et s'y expose. Lira bien qui lira le dernier.

  • Sous ses formes presque infinies, le récit est présent dans tous les temps, dans tous les lieux, dans toutes les sociétés ; le récit commence avec l'histoire même de l'humanité ; il n'y a pas, il n'y a jamais eu nulle part aucun peuple sans récit ; toutes les classes, tous les groupes humains ont leurs récits, et bien souvent ces récits sont goûtés en commun par des hommes de culture différente, voire opposée. Le récit se moque de la bonne et de la mauvaise littérature : international, transhistorique, transculturel, le récit est là, comme la vie.

    Les spécialistes de plusieurs pays (France, États-Unis, Allemagne) se trouvent réunis ici autour d'une problématique commune : récit, narrateur, narration, personnage.

  • 10 règles de français pour faire 99% de fautes en moins À travers dix règles à connaître scrupuleusement pour en finir avec les fautes d'orthographe et les constructions chaotiques de grammaire, Jean-Joseph Julaud propose une méthode décomplexée qui met le plaisir au coeur du savoir :

    . La règle de l'accord des nombres.
    . La règle de l'accord du participe passé.
    . La règle de l'accord du participe passé avec les verbes pronominaux.
    . La règle de l'accord des adjectifs de couleur.
    . La règle de l'accord des noms communs.
    . La règle de l'accord de l'adjectif qualificatif.
    . La règle pour reconnaître les homonymes.
    . La règle pour bien conjuguer.
    . Les règles d'emploi des majuscules.
    . La règle pour connaître la nature et la fonction des mots.

  • « Sade, Fourier et Ignace de Loyola ont été des classificateurs, des fondateurs de langues : langue du plaisir érotique, langue du bonheur social, langue de l'interpellation divine, chacun a mis dans la construction de cette langue seconde toute l'énergie d'une passion. [...] L'objet de ce livre n'est pas de revenir sur les propositions de contenu dont on crédite ordinairement nos trois auteurs, à savoir une philosophie du Mal, un Socialisme utopique, une mystique de l'obéissance, mais de tenir Sade, Fourier et Loyola pour des formulateurs, des inventeurs d'écriture, des opérateurs de texte. Je crois ainsi poursuivre un projet ancien, dont l'intention théorique pourra se lire à travers ces études concrètes et spéciales : jusqu'où peut-on aller d'un texte en ne parlant que de son écriture ? »

  • « La littérature et les autres formes de discours ; la poésie et la fiction ; l'oeuvre individuelle dans son rapport au genre : tels sont les thèmes qu'abordent les essais ici réunis. Un trait me frappe à la relecture : c'est leur caractère, en quelque sorte, intermédiaire. [.] J'essaie d'éviter aussi bien un impressionnisme qui me paraît irresponsable, non parce qu'il est privé de théorie, mais parce qu'il ne veut pas le savoir, qu'un formalisme terroriste, où tout effort de l'auteur s'épuise à découvrir une notation plus précise pour une observation qui l'est souvent très peu. À vouloir gagner sur les deux tableaux, on risque de perdre ici et là : destin peu enviable, auquel je ne saurais pourtant renoncer. » T. T.

  • En érudit du roman noir, Jean-Bernard Pouy n'a que faire des définitions et des catégories quand il s'agit de sa bibliothèque idéale. Il entend communiquer sa passion à tous, anecdotes pour les néophytes et pépites pour les connaisseurs. Avec générosité, il partage son adoration pour les nombreux auteurs emblématiques du genre : des aiguilleurs (Hammett, Chandler) aux contemporains (Garnier, Férey), en passant par les forcenés (Simenon, Westlake) ou les pessimistes (Goodis, Cook). Une ode parfois partiale, toujours facétieuse et dans l'esprit d'un de ses talentueux contributeurs.

    « Le roman noir se doit par essence de ne pas être rose, c'est la moindre des choses. Sa préoccupation essentielle, celle de dépeindre des êtres brisés et menacés par une société aveugle et corrompue, lui a confié toute une génération d'auteurs qui, eux-mêmes, pour diverses raisons, quelquefois personnelles, ne voyaient aucunement l'espoir se lever derrière les brouillards dépressifs de toutes sortes. »

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  • Le langage poétique est ce lieu où la jouissance ne passe par le code social que pour le transformer. Il introduit donc dans les structures linguistiques et la constitution du sujet parlant une rupture totale.

    Il faut lire le langage poétique comme un langage pratique et sémiotique, qui introduit une nouvelle configuration dans le temps de l'énonciation et la signification. Lautréamont et Mallarmé sont les noms que porte, à la fin du xixe siècle, cette expérience bouleversant la phonétique, le lexique, la syntaxe, les relations logiques, en même temps que l'« ego transcendantal ». Dans la crise de l'État bourgeois, du droit paternel, de la religion, un sujet et son discours, qui se maintenaient depuis deux mille ans, s'effondrent. L'avant-garde du XXe siècle opère, en l'approfondissant, depuis cette révolution.

  • « Le premier objet de ce livre est la citation [...] ; le second, le travail de la citation, l'appropriation ou la reprise, c'est-à-dire le produit de la force qui saisit la citation par le déplacement qu'elle lui fait subir ; le tout est l'écriture elle-même, ce coup de force, ou le livre, ce déplacement, les livres qui filent la citation et se la refilent comme au jeu du furet, la série des livres, la patristique par exemple, qui s'engendrent par l'entreglose. «Nous ne faisons que nous entregloser», écrivait Montaigne, et il en prenait acte. Toute écriture est glose et entreglose, toute énonciation répète. Telle est la prémisse de ce livre, qu'il met à l'épreuve de la citation, la forme simple de la répétition, l'amorce du livre. »

  • Les auteurs de fiction exigent de leurs lecteurs qu'ils pénètrent dans des espaces étranges, dans le monde d'Antigone, de Don Quichotte ou de Sherlock Holmes. Ces univers factices évoquent - plus ou moins - le monde réel, mais ils s'en éloignent aussi par bien des aspects. Pourquoi et comment la fiction continue-t-elle cependant de nous attirer et de nous parler ?

    Thomas Pavel entreprend ici, dans un style plein de saveur et d'humour, de définir le mode d'existence des êtres imaginaires et de dégager la fonction culturelle des oeuvres de fiction.

    L'institution de la fiction ne cesse de changer au cours du temps sous l'effet d'une économie de l'imaginaire : selon les circonstances, un même territoire - un même texte - peut passer de la vérité à la fiction, et réciproquement, en endossant des fonctions hétéroclites. L'histoire de la culture, et de nos croyances, est faite de ces incessantes fluctuations.

  • Théorie des genres et des oeuvres, statut de la fiction, variance des régimes narratifs, fonction sémiotique du style : par ces voies diverses mais convergentes, les études de poétiques ici réunies s'efforcent de définir à nouveau frais ce que l'on a appelé, voici déjà quelques décennies, la littérarité - c'est-à-dire la dimension artistique des textes, quels que soient leur mode de présentation ou leur critère d'admission au rang des " oeuvres " par une instance de lecture, individuelle ou collective.
    Où l'on voit la question rituelle qu'est-ce que la littérature ? se dissoudre, et peut-être se résoudre, en celle-ci : qu'est-ce qui fait d'un texte un objet esthétique ?

  • « La situation de Flaubert dans la modernité littéraire apparaît curieusement ambiguë. [...] Ainsi, l'oeuvre de Flaubert peut apparaître en partie comme une oeuvre morte, qui n'aurait plus rien à nous dire, ni peut-être à nous cacher. Mais, en même temps, nous éprouvons son auteur, irrésistiblement et inépuisablement, comme le premier des écrivains modernes. [...].
    L'oeuvre de Flaubert demeure pour la critique un objet de prédilection, un lieu presque obligé de référence théorique et d'épreuve méthodique : point de repère et pierre de touche [...]. Après d'autres [...], le présent recueil en témoigne par la diversité ? psycho-thématiques, socio-historiques, narrato-stylistiques ? de ses approches, et par leur convergence incalculée ».
    G. G.

    Avec les contributions de Raymonde Debray-Genette, Claude Duchet, Michel Foucault, Claudine Gothot-Mersch, Claude Mouchard, Jacques Neefs, Michel Raimond, Jean-Pierre Richard, Jean Rousset, Jean Starobinski.

  • Imaginez une première phrase.

    D'apparence soignée et appliquée, elle donne le la, les premiers mots, le ton, la mesure. Ici, on la reconnaît car elle est célèbre. Là, elle peint ses doutes ou fait un point sur la météo. Ailleurs, elle raconte ce qui la précède. Plus loin, elle s'élance à grande vitesse, elle déclame, elle chante. Là-bas, elle donne le ton, elle entre en fanfare et grandes pompes.

    Dans son dos, lisant par-dessus son épaule, c'est bien le lecteur qui trouve sa place. Et avec elle, traverse les siècles de littérature à dos de géant.

  • Le recueil Théorie de la littérature, paru originellement en 1965, a révélé aux lecteurs français l'existence d'une remarquable école d'analyse littéraire, qui avait prospéré à Saint-Pétersbourg (ensuite Leningrad) et Moscou, entre 1915 et 1930. Depuis, ceux que leurs adversaires nommaient les formalistes sont devenus célèbres dans le monde entier. Le recueil a été traduit en italien, espagnol, portugais, japonais, coréen, turc et grec ; d'autres écrits des formalistes ont été publiés et traduits dans de nombreuses langues, et des ouvrages leur ont été consacrés.

    La présente édition a été révisée et mise à jour, pour permettre de lire ou de relire cette réflexion toujours stimulante sur l'art littéraire, issue d'un groupe de brillants jeunes critiques et linguistes russes : Viktor Chklovski, Roman Jakobson, Iouri Tynianov, Boris Eichenbaum et quelques autres.

  • La postérité de Dante s'explique par la dimension universelle que revêtent son expérience personnelle, ses espoirs ou ses doutes, livrant une interrogation intemporelle sur le statut même du sujet humain. Dans ce voyage métaphysique qu'est la Divine Comédie, le poète décrit la métamorphose de l'individu du sensible au spirituel, la naissance d'un sujet authentique, capable à la fois d'accepter sa condition mortelle et d'accéder à ce que Dante nomme, au Paradis, le trasumanar. Ce néologisme par lequel il traduit une expérience de dépassement du soi et de l'humain est sans doute la clef de lecture à partir de laquelle son oeuvre prend sens : déceptions amoureuses, condamnations ou exil, elle manifeste le long chemin parcouru par cet « esprit pèlerin », de l'humain vers le surhumain. Une métamorphose de soi qui est aussi une métamorphose de l'amour sous toutes ses formes.

  • Ce volume regroupe un choix de textes précédemment publiés dans Questions de poétique, études que Roman Jakobson a consacrées, de 1920 à 1970, à la théorie de la littérature. La fonction poétique, la métaphore et la métonymie, la dominante, la poésie de la grammaire, l'espace du texte : autant de notions, et de problèmes qui sont devenus le point de départ de discussions les plus fécondes.

    Roman Jakobson ouvre les yeux des linguistes aux faits poétiques, considérés longtemps comme marginaux, et prouve aux « littéraires » que la poésie est bien, avant tout, oeuvre de langage.

  • Saviez-vous que plusieurs albums d'Astérix ont été traduits en latin ? Et que les distributeurs de billets de la banque du Vatican se lisent aussi en latin ? Henriette Walter nous embarque dans une passionnante odyssée étymologique. En passant allègrement du latin de l'Église à celui des tribunaux, du latin des naturalistes à celui d'Astérix, elle propose un nouveau regard sur cette langue encore bien vivante et pleine de surprises.Un ouvrage ludique et passionnant, ponctué d'anecdotes, de devinettes et de récréations, pour conjuguer humour et érudition.

  • Cet ouvrage constitue une oeuvre maîtresse du post-fortmalisme russe.
    Les deux concepts clés sont ici ceux de polyphonie, ou dialogisme, et d'écriture carnavalesque. polyphonie : c'est-à-dire pluralité des voix et des visions, pluralité des idées, inséparables des voix qui les portent. carnaval : le roman polyphonique n'est que l'espèce dernière d'un genre très ancien qui, de la satire, du dialogue socratique, aux romans de pétrone, rabelais, cervantès. , a ses racines dans un type particulier de manifestation sociale : le carnaval.

    Bakhtine montre comment c'est à l'intérieur même du mot que les voix plurielles du roman polyphonique sont confrontées, en reprenant toute l'oeuvre de dostoïevski. ici, une érudition gigantesque vient s'allier à la connaissance la plus précise des textes qu'elle aide à déchiffrer.

  • Cet ensemble fonctionne comme un appareil. De manière systématique, il trace une théorie de l'écriture appelée autrefois « littéraire » mais qu'il vaut mieux nommer aujourd'hui textuelle. Cette théorie s'élabore sur un certain nombre de textes limites, refusés ou mis à l'écart par notre culture, et dont la lecture réelle serait susceptible de changer les conditions mêmes de notre pensée : ceux de Dante, Sade, Lautréamont, Mallarmé, Artaud et Bataille. Le déchiffrement qui s'effectue ici porte sur le travail qui a rendu possible la production de ces « limites », sur les motifs de leur censure et de leur force de transgression.

    « Notre travail consiste à proposer une nouvelle manière de lire, c'est-à-dire de lire les textes en articulation avec les sciences, la philosophie », affirme Philippe Sollers.

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