Littérature asiatique

  • Traduit de l'anglais (États-Unis) par Bernard Turle« On ne devrait initier à l'opium que ses pires ennemis. »Dans les bas-fonds de Bombay, Dom, fraîchement débarqué de New York, découvre les « paradis artificiels » et se lie avec d'autres habitués : Fossette, l'eunuque prostitué(e), Rashid, le dealer, ou encore M. Lee, qui a fui la Chine maoïste pour mieux se perdre dans une rêverie opiacée. Chacun se raconte, témoin halluciné d'une ville en plein chaos.Seul maître d'un monde promis à la destruction : le dieu Opium, qui les unit dans l'indolence des années 70, avant de les séparer - et très peu, parmi eux, seront sauvés.Narcopolis est le Last Exit to Brooklyn de l'Inde moderne. Ce roman remarquable, finaliste du Man Booker Prize en 2012, a connu un grand succès critique. Dans la lignée de William Burroughs et Thomas de Quincey, Jeet Thayil nous offre un incroyable récit inspiré de sa propre vie.

  • Un serveur de restaurant épris d'une pianiste, deux amis qui pédalent sur leur bicyclette " comme si leur vie en dépendait ", trois compagnons d'asile, un type qui passe son temps dans un carrefour à renseigner les gens sur leur chemin...
    Les personnages de ces nouvelles sont vagabonds dans l'âme. Ils se moquent à peu près de tout, sauf des femmes, et partagent le même goût pour l'absurde et les histoires drôles. Mais dès qu'ils ouvrent leur coeur, ils révèlent des blessures dont les cicatrices semblent bien fragiles. Ces nouvelles écrites dans les années 80 sont autant d'" échantillons " du talent de Xu Xing. Il parsème ses histoires de souvenirs personnels, d'adresses au lecteur, de critiques idéologiques, sans jamais se déparer de son humour décapant, et prend beaucoup de libertés avec la " création littéraire ".

  • Qiu Shui est obsédé par les seins des filles. L'une d'entre elles, Zhu Shang, le hante en permanence. Cet adolescent brillant, peu sensible à la morale, prodiguée par sa mère ou par son professeur de vie politique, préfère s'en remettre aux conseils de son mentor, un délinquant plein d'expérience, se perdre dans la lecture d'Henry Miller et des classiques chinois de l'érotisme, ou encore miser sur les relations de son père pour tirer son épingle du jeu. Il est prêt à tout pour ne pas se laisser imposer une vision du monde et de son avenir : ni l'argent ni le travail n'intéressent cet enfant de la « réforme économique ».

    Une fille pour mes 18 ans est un roman d'apprentissage d'une grande liberté de ton, mêlant réalité crue, tendresse et humour. C'est aussi le portrait d'une génération iconoclaste dans la Chine des années 80, et dont l'insolence tient lieu de conscience politique.

    Traduit du chinois par Sylvie Gentil.

  • " Je n'avais plus envie de bouger depuis que j'avais traversé la moitié de la Chine à vélo.
    Comme si j'avais compris qu'il nous reste peu de choses en ce bas monde, et que même ce reste-là n'est pas forcément pour nous. " Pékin. Le narrateur est sommé par le comité de quartier de surveiller l'entrée de l'immeuble. Installé sur un petit banc il préfère regarder passer les filles : l'antenne de télévision est volée sous son nez. Il la retrouve quelques jours plus tard sous le bras d'une vague connaissance avec qui il sympathise et qu'il suit dans le milieu marginal des " artistes " pékinois.
    Jusqu'à ce que tous ces peintres, acteurs et " intellectuels " provoquent chez lui un peu de dégoût et beaucoup d'ennui. Il est temps de changer d'air. Séjour au Tibet. Le narrateur regagne sa ville natale. Nous sommes en 1989, au lendemain du Quatre Juin, l'atmosphère est sinistre, ce qui le pousse à rejoindre son ami Xi Yong en Allemagne. Après deux mois d'usine et de brötchen - la nourriture préférée de Xi Yong, tombé amoureux de la boulangère -, il décide de réaliser son rêve : un voyage en Europe.
    À Berlin, après une soirée passée avec un groupe de punks, il entonne L'Internationale et se fait remarquer par la police qui lui conseille d'aller plutôt voir de l'autre côté... La voix du narrateur nous est proche, mais le croire sur parole serait la pire des erreurs. Ironique, oisif, et pourvu d'un sens aigu du grotesque, il est, avant tout, un écrivain.

  • Dans cette forêt, le sol est en peau de zèbre et le feuillage est fait de milliers d'oreilles.
    Tôt ou tard, elle attire dans ses replis tous ceux qui rêvent d'une autre vie. Minnie, Mickey, Ce et Ct, les quatre personnages qui se croisent au gré du destin facétieux qui semble les manipuler, en font l'expérience. Femme, homme, animal, jouet ou fantôme, ils ont à leur disposition un nombre illimité d'existences. Du moins le croient-ils. Comment sortir de l'insouciance de l'enfance ? Comment résister à l'attrait des lumières de la ville où s'affairent les adultes ? La lucidité se gagne-t-elle par la sincérité ou la méfiance vis-à-vis de ses propres sentiments ? Notre existence est-elle écrite d'avance ? La force poétique de Tian Yuan donne à ces questions leur véritable dimension : celle d'un conte philosophique, qui puise ses images dans un univers hallucinatoire.

  • Yvette et Teddy Santerre se marient en Californie à la veille de Pearl Harbour. Teddy, pilote de
    chasse, est envoyé dans le Pacifique. Ils se retrouvent avec la ferme intention de bâtir une famille
    exemplaire dans le respect des traditions catholiques qui leur sont chères. Ils ont deux filles, que
    tout oppose : Margot, l'aînée, est une enfant sage tandis que Clarissa est rebelle et impétueuse.
    C'est pourtant Margot qui, a 17 ans, se laisse séduire par un professeur et tombe enceinte. Il est
    hors de question que cette grossesse se sache ; Yvette décide de faire croire que l'enfant est d'elle,
    envoie Margot en France et se retire pendant neuf mois dans un couvent. Elle en revient avec un
    /> garçon nouveau-né, Jamie.
    Les années s'enchaînent, le temps file mais n'allège pas le poids du secret qui pèse, directement ou
    indirectement, sur chacun des membres de la famille. Jusqu'au jour où la vérité éclate.
    Pieux mensonges est une saga familiale en accéléré. De Pearl Harbour à nos jours, quatre
    générations de Santerre se succèdent, personnages terriblement attachants et pleins de vie. Dans
    un rythme effréné et jubilatoire, Maile Meloy nous livre, à travers l'histoire intime de cette famille,
    un portrait époustouflant d'un pays qui ne cesse de se réinventer.
    « Pieux mensonges est un court premier roman écrit avec aplomb par une jeune auteur érudite qui
    ne verse jamais dans l'exagération, ce qui ne l'empêche pas d'y insuffler une énergie formidable.
    La précision et le sang-froid avec lesquels Maile Meloy décrit l'ampleur du fiasco de l'Amérique
    ordinaire relève de la prouesse littéraire. »
    Philip Roth

  • Que le monde est froid... Xiaolong (Petit Dragon) regarde la neige tomber, et raconte son histoire.
    Elevé par une vieille femme - une chiffonnière qui gagnait péniblement de quoi le nourrir -, il n'a
    guère eu le choix lorsque celle-ci est morte. Il s'est rendu à la ville dans l'espoir d'y survivre plus
    aisément que dans la misérable ruelle où il avait grandi. Il avait seize ans.
    Vol d'un poignard, extorsion, bagarre exemplaire avec quelques voyous : en un rien de temps, le
    "talent" de Xiaolong est recupéré par un chef de gang. Il gravit les échelons rapidement, multiplie
    les missions : recouvrement d'une dette, intimidation d'une épouse volage, liquidation d'un rival. Il
    rencontre aussi l'amour, se met en ménage avec une jeune femme à laquelle il offre une boutique
    de vêtements.
    Tout va bien jusqu'à ce qu'une mission le ramène sur les lieux de son enfance. Une succession de
    hasards lui révèle alors le secret de ses origines : son père a été exécuté pendant la Révolution
    culturelle; sa mère, désespérée, s'est donné la mort peu après sa naissance. Un coup de fil ne lui
    laisse pas le temps de remonter jusqu'à celui qui a dénoncé son père : son meilleur ami a été tué
    par le gang adverse, c'est à lui qu'incombe d'organiser l'expédition punitive. Avec un sang-froid
    implacable, il élimine un à un les coupables. Reconnaissant, son « patron » le nomme alors chef de
    la sécurité.
    Le moment est venu, Xiaolong tue celui qui a été à l'origine de la perte de ses parents, et commet
    la première erreur de sa carrière: ce meurtre-là n'était pas commandité.
    La confession de Xialong donne la chair de poule. Ce jeune homme en colère, au charisme
    impressionnant, a le sens de la justice et une grande conscience de ce qu'il est et de ce qu'il fait. Il
    est beau comme le héros d'un conte sentimental et manie le poignard comme dans un film de
    kung-fu.

  • a six mois, qiu savait parler.
    a un an, il avait appris de son grand-père comment injurier le monde. a deux ans, il était accusé d'avoir monopolisé l'intelligence familiale. ce brillant étudiant en médecine est surtout un curieux insatiable, que tout amuse. on le dit grossier, volage et doté d'un aplomb excessif, mais peu lui importe cette réputation car rien ne le trouble, sauf les femmes. les regarder est, pour lui, la seule façon de grandir.
    partagé entre la nostalgie d'un premier amour platonique et sa passion pour une femme qu'il n'a fait que croiser, qiu se concentre sur son éducation sentimentale auprès de sa petite amie du moment. ensemble ils complètent leurs connaissances anatomiques par de longues et inépuisables réflexions sur le développement intellectuel et sentimental de l'être humain. sur ce sujet, qiu est intarissable. c'est sa vie d'étudiant que raconte ce roman, à la fois cru, tendre et plein d'humour.
    sa liberté de ton et sa vitalité surprennent : délibérément ancré dans la littérature chinoise classique, il concilie ainsi tradition et modernité.

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