Littérature du Moyen-orient

  • Dans un cirque, un employé chargé de nettoyer les cages des animaux accepte d'être envoyé dans le ciel comme un boulet de canon ; le jeune pensionnaire d'un étrange orphelinat découvre qu'il est un clone d'Adolf Hitler créé pour venger les victimes de la Shoah ; un accidenté de la route perd la mémoire et se retrouve dans une pièce virtuelle avec une femme virtuelle, à moins que ce ne soit l'inverse...

    Facétieuses, corrosives et incroyablement brillantes, les vingt-deux nouvelles d'Incident au fond de la galaxie nous immergent dans l'univers « keretien », où le virtuel et le fantastique viennent subtilement troubler la réalité pour faire surgir de profondes réflexions sur le deuil, la solitude et les stigmates de l'Histoire.

  • Aharon Appelfeld a dix ans lorsqu'il s'évade du camp de concentration. Il se réfugie dans la forêt, survit grâce aux marginaux voleurs, vagabonds, prostituées qui le protègent. Nous sommes en Roumanie, à la frontière de l'Ukraine, en 1942.
    À la fin de la guerre, après plusieurs années d'errance, Aharon Appelfeld s'embarque pour la Palestine. Sa solitude est totale, son désarroi absolu. Quelques grands aînés lui ouvrent le chemin. Grâce à Gershom Scholem, il comprend qu'il est porteur d'un héritage, celui du judaïsme européen, et que son refus équivaudrait à un suicide. Grâce à Max Brod, il découvre Kafka : une écriture sèche, débarrassée du « kitsch allemand » ; et surtout une description rigoureuse de ce qu'il a vécu, lui, pendant la guerre, et qu'il ne peut formuler avec des mots.
    Aharon Appelfeld deviendra l'un des plus grands écrivains juifs de notre temps. Pourtant, il récuse avec énergie le statut d'« écrivain de la Shoah » dont on a voulu l'affubler. Il n'a jamais voulu être un chroniqueur. Il lui a fallu en effet se forger une langue et créer un monde bien à lui pour accéder à la vérité intérieure qui est l'objet même de sa recherche. Une langue péniblement arrachée au silence, puis au bégaiement, nourrie du yiddish qu'il apprend tardivement cette « langue sacrée » que parlaient ses grands-parents, et qu'il n'avait pas le droit d'utiliser à la maison, lorsqu'il était enfant.

    À la fin des années 80, Philip Roth découvre cette oeuvre avec émerveillement. Il comprend qu'il est en présence d'un écrivain exceptionnel, proche de Kafka et de Bruno Schulz par sa puissance et sa singularité, et fait de lui l'un des personnages de son roman, Opération Shylock.
    En France, Pierre Belfond, puis les Éditions Gallimard ont tenté dans le passé de l'imposer, sans y parvenir. Si nous reprenons aujourd'hui le fil de ce travail interrompu, c'est parce que nous sommes convaincus que l'oeuvre d'Aharon Appelfeld est, enfin, devenue audible. C'est nous qui n'étions pas prêts à recevoir ces livres empreints d'une terrible douceur, et qui nous parlent, comme on murmure à l'oreille, d'un monde qui n'a jamais cessé d'être présent.

    Quatre ouvrages paraissent simultanément : deux de ses plus beaux romans, Le Temps des prodiges et Tsili, dans la collection « Points » au Seuil. Et deux inédits, Histoire d'une vie et L'Amour, soudain aux Éditions de l'Olivier Dans Histoire d'une vie, Aharon Appelfeld nous livre des fragments qui sont autant de clefs pour la compréhension de son oeuvre : souvenirs de sa petite enfance à Czernowitz, en Bucovine. Portraits de ses parents, des juifs assimilés, et de ses grands-parents, un couple de paysans dont la spiritualité simple le marque à jamais. Puis des scènes brèves, d'une violence inouïe, visions arrachées au cauchemar de la déportation et de l'extermination. Vient ensuite l'arrivée en Israël, et l'élaboration progressive de son oeuvre.
    L'Amour, soudain est un roman d'amour qui met en scène un écrivain vieillissant et malade et une jeune fille inculte est une confrontation permanente entre le proche et le lointain, l'identification et la distanciation, la vie quotidienne et la métaphysique. À l'arrière-plan de cette idylle entre le vieil homme et l'orpheline qui prend soin de lui comme d'un bébé, c'est toute la vie de l'auteur qui se déroule en accéléré, traversée par le thème de la politique, et particulièrement du communisme. Pourtant, cette méditation sur l'Histoire n'est là que pour nous ramener au coeur même de l'oeuvre d'Aharon Appelfeld, dans une confrontation avec cette présence divine que connaissaient les « Juifs Célestes » des Carpates dont il sait si bien nous parler.

  • Theo Kornfeld a vingt ans lorsqu'il quitte le camp de concentration que ses gardiens viennent d'abandonner à l'approche des Russes. Il n'a qu'un seul but : retrouver la maison familiale.
    Errant sur les chemins, blessés au plus profond d'eux-mêmes, les déportés qu'il croise lui rappellent l'horreur à laquelle il a survécu, tandis que d'autres figures émergent de son passé. Celle de sa mère, Yetty, une femme à la beauté exceptionnelle, au caractère fantasque, qui aimait les églises, les monastères et l'oeuvre de Bach. Celle de Martin, un père trop discret que Theo va apprendre à mieux connaître à travers une autre rencontre.

    Des jours d'une stupéfiante clarté raconte son voyage à travers les paysages d'Europe Centrale baignés de lumière. Chaque pas, chaque être croisé, suscite en Théo d'innombrables questions. Comment vivre après la catastrophe ? Comment concilier passé et présent, solitude et solidarité ?
    Comment retrouver sa part d'humanité ?
    Par-delà le fracas de l'Histoire, ce livre admirable est le récit d'une résurrection.

  • C'est l'été 1938 en Europe centrale. Et comme chaque année ils sont là, sur la rive, en villégiature.

    Il y a Rosa Klein, qui lit dans les lignes de la main. Mais peut-on se fier à ses prédictions ? Et Karl Koenig, l'écrivain. Pourquoi fréquente-t-il les autres vacanciers au lieu de consacrer toute son énergie au roman qu'il est en train d'écrire ? Qui sont vraiment « l'homme à la jambe coupée » et la jeune femme amoureuse que tous les Juifs appellent par l'initiale de son prénom ? Et le père et la mère d'Erwin, l'enfant si sensible à l'anxiété de ceux qui l'entourent ?

    Dans ce roman magistral publié quelques années avant sa mort, Aharon Appelfeld tisse les questions intimes, littéraires et métaphysiques qui l'ont accompagné toute sa vie. Sous sa plume, ces dernières vacances avant la guerre sont le moment où l'humanité se dévoile dans ses nuances les plus infimes, à l'approche de la catastrophe que tous redoutent sans parvenir à l'envisager.

  • Les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale dans une forêt en Ukraine. Elle abrite un groupe de 44 partisans juifs. Parmi les combattants, il y a une grand-mère de 93 ans, un enfant mutique de 2 ans, leur mascotte, un surdoué en mathématique de 8 ans et demi, et le narrateur, Edmund, un garçon de 17 ans.
    Kamil, un géant d'un mètre quatre-vingt quinze, est à la fois à la fois leur chef de guerre et leur guide spirituel. Ils se déplacent leur campement au gré des mouvements de l'armée allemande qu'ils harcèlent.
    A la fois roman d'action et méditation sur la transmission de l'héritage du judaïsme, Les partisans est un roman qui surprend par son énergie et par la réflexion sur l'engagement qui l'anime.

    Aharon Appelfeld est né en 1932 à Czernowitz en Bucovine. Citoyen israélien, il a publié de nombreux romans dont Histoire d'une vie (prix Médicis étranger 2004), ou récemment Le Garçon qui voulait dormir (2011) et Les Eaux tumultueuses (2013), tous publiés par les éditions de l'Olivier.

  • Aharon Appelfeld a dix ans lorsqu'il s'évade du camp de concentration. Il se réfugie dans la forêt, survit grâce aux marginaux voleurs, vagabonds, prostituées qui le protègent. Nous sommes en Roumanie, à la frontière de l'Ukraine, en 1942.
    À la fin de la guerre, après plusieurs années d'errance, Aharon Appelfeld s'embarque pour la Palestine. Sa solitude est totale, son désarroi absolu. Quelques grands aînés lui ouvrent le chemin. Grâce à Gershom Scholem, il comprend qu'il est porteur d'un héritage, celui du judaïsme européen, et que son refus équivaudrait à un suicide. Grâce à Max Brod, il découvre Kafka : une écriture sèche, débarrassée du « kitsch allemand » ; et surtout une description rigoureuse de ce qu'il a vécu, lui, pendant la guerre, et qu'il ne peut formuler avec des mots.
    Aharon Appelfeld deviendra l'un des plus grands écrivains juifs de notre temps. Pourtant, il récuse avec énergie le statut d'« écrivain de la Shoah » dont on a voulu l'affubler. Il n'a jamais voulu être un chroniqueur. Il lui a fallu en effet se forger une langue et créer un monde bien à lui pour accéder à la vérité intérieure qui est l'objet même de sa recherche. Une langue péniblement arrachée au silence, puis au bégaiement, nourrie du yiddish qu'il apprend tardivement cette « langue sacrée » que parlaient ses grands-parents, et qu'il n'avait pas le droit d'utiliser à la maison, lorsqu'il était enfant.

    À la fin des années 80, Philip Roth découvre cette oeuvre avec émerveillement. Il comprend qu'il est en présence d'un écrivain exceptionnel, proche de Kafka et de Bruno Schulz par sa puissance et sa singularité, et fait de lui l'un des personnages de son roman, Opération Shylock.
    En France, Pierre Belfond, puis les Éditions Gallimard ont tenté dans le passé de l'imposer, sans y parvenir. Si nous reprenons aujourd'hui le fil de ce travail interrompu, c'est parce que nous sommes convaincus que l'oeuvre d'Aharon Appelfeld est, enfin, devenue audible. C'est nous qui n'étions pas prêts à recevoir ces livres empreints d'une terrible douceur, et qui nous parlent, comme on murmure à l'oreille, d'un monde qui n'a jamais cessé d'être présent.

    Quatre ouvrages paraissent simultanément : deux de ses plus beaux romans, Le Temps des prodiges et Tsili, dans la collection « Points » au Seuil. Et deux inédits, Histoire d'une vie et L'Amour, soudain aux Éditions de l'Olivier Dans Histoire d'une vie, Aharon Appelfeld nous livre des fragments qui sont autant de clefs pour la compréhension de son oeuvre : souvenirs de sa petite enfance à Czernowitz, en Bucovine. Portraits de ses parents, des juifs assimilés, et de ses grands-parents, un couple de paysans dont la spiritualité simple le marque à jamais. Puis des scènes brèves, d'une violence inouïe, visions arrachées au cauchemar de la déportation et de l'extermination. Vient ensuite l'arrivée en Israël, et l'élaboration progressive de son oeuvre.
    L'Amour, soudain est un roman d'amour qui met en scène un écrivain vieillissant et malade et une jeune fille inculte est une confrontation permanente entre le proche et le lointain, l'identification et la distanciation, la vie quotidienne et la métaphysique. À l'arrière-plan de cette idylle entre le vieil homme et l'orpheline qui prend soin de lui comme d'un bébé, c'est toute la vie de l'auteur qui se déroule en accéléré, traversée par le thème de la politique, et particulièrement du communisme. Pourtant, cette méditation sur l'Histoire n'est là que pour nous ramener au coeur même de l'oeuvre d'Aharon Appelfeld, dans une confrontation avec cette présence divine que connaissaient les « Juifs Célestes » des Carpates dont il sait si bien nous parler.

  • Un "grand" AppelfeldErwin a 17 ans lorsque - au sortir au sortir de la guerre - il se retrouve après une longue errance en Europe sur la côte de Naples au coeur d'un groupe de réfugiés apatrides. Il a tout perdu : père, mère, langue, environnement familier... et émerge peu à peu du sommeil auquel il a recours pour faire revivre tout un pan de sa vie anéanti. Enrôlé, avec d'autres jeunes gens de son âge, par un émissaire de l'Agence juive, il se prête à l'apprentissage intensif de l'hébreu et à l'entraînement physique, quasi-militaire, que celui-ci leur impose chaque jour pour les préparer à une nouvelle vie dans l'Etat d'Israël sur le point de naître.Vient le temps de la traversée en bateau sur une mer déchaînée, de l'immigration clandestine (la Palestine est encore sous mandat britannique) et de l'arrivée dans les montagnes de Judée où les jeunes pionniers sont affectés à la construction de terrasses agricoles. Erwin, comme tous ses camarades, accepte de changer de prénom et s'appelle désormais Aharon.Lorsque la guerre d'Indépendance éclate, les jeunes pionniers sont affectés à des missions militaires. Erwin-Aharon, blessé au cours de l'une d'elle, restera de longs mois paralysé dans une maison de repos, subissant opération sur opération. C'est là qu'il renoue avec le sommeil et le passé. Il craint de trahir les siens en adoptant une nouvelle langue et un nouveau pays et seuls ses échanges avec un médecin et ses discussions avec de vieux pionniers blessés l'aident à surmonter le sentiment de culpabilité qu'il le hante. Peu à peu, une décision s'impose à lui : celle de mettre ses pas dans ceux de son père disparu, et devenir l'écrivain que celui-ci rêvait d'être.Si dans chacun des romans d'Aharon Appelfeld on peut déceler un élément autobiographique, celui-ci est clairement une tentative de relier l'imaginaire et le vécu à travers l'insertion des noms de ses parents, ses grands-parents, et de son propre nom bien sûr, mais aussi d'extraits de poèmes ou de prose de ses jeunes années.

  • " Je m'appelle Bruno Brumhart. Enfant, j'ai été amputé de la main droite et je suis depuis l'homme sans main, ou affublé de toutes sortes de sobriquets. Autrefois ces mots me mettaient en rage, mais aujourd'hui ils m'agacent, tout au plus. L'esprit humain est borné et n'envisage pas qu'il puisse faire autant, voire plus, avec une main qu'avec deux. "A cinquante ans, Bruno fait retour sur lui-même et évoque son passé - les mesures discriminatoires qui ont frappé les Juifs, le ghetto, la déportation, son errance dans la forêt en compagnie d'un sourd-muet, d'un religieux et d'un juif assimilé. A la fin des années 40, conscient de la nécessité d'inventer d'autres manières de vivre avec les autres et se rappelant l'altruisme de ses parents communistes, il décide d'accueillir dans un château près de Naples ceux qui, comme lui, ont survécu. Pourtant cet homme blessé - le moignon de sa main est sa faiblesse mais aussi sa force puisqu'il lui rappelle ce qu'il a perdu et donc le relie au monde - est incapable d'amour : il se sépare de sa femme et rejette son propre fils.On retrouve dans ce roman en forme d'allégorie la plupart des thèmes chers à Aharon Appelfeld, et déjà présents dans des livres comme L'immortel Bartfuss, Histoire d'une vie ou L'amour, soudain: le communisme, l'errance des réfugiés dans l'Europe de l'après-guerre, la quête de la fraternité, le difficile retour à la vie d'après la déportation.

  • A la fin des années 30, la pension Zaltzer est devenue le rendez-vous estival d'un groupe de célibataires Viennois. Pour la plupart Juifs, ils forment une petite communauté de jouisseurs qui passe son temps à jouer au poker, boire du cognac et se perdre en intrigues amoureuses.
    Cet été-là Rita est la première à arriver, accompagnée de son fils Yohann. Bientôt rejointe par Zoussi Rauver et son prétendant Van, puis par un alcoolique sympathique dont elle est vaguement éprise, Beno Starck, elle a hâte que tous les habitués envahissent la pension.
    Un orage éclate, le fleuve se gonfle et déverse sa boue dans la cour de l'auberge, Beno se noie. L'inquiétude monte, se glisse dans les âmes. Les conversations s'enflamment. Tous forment une ronde saisissante autour de la figure de Rita qui décide de fuir en Palestine.
    Dans ce roman s'affrontent deux visions de la vie, inconciliables, les uns prônant le culte de la liberté, les autres la fidélité aux anciens. Deux mondes, dont l'un est en train de sombrer.


  • gad et amalia sont frère et soeur.
    ils ont reçu un étrange héritage: ils sont les gardiens d'un cimetière au sommet d'une montagne, un lieu de pèlerinage oú sont enterrés des juifs ayant résisté jusqu'au dernier souffle lors d'un pogrom. nous sommes dans les carpates, l'hiver s'annonce. pour traverser ces mois sombres, gad et amalia prennent l'habitude de boire, le soir, quelques verres d'alcool. l'évocation de leur enfance dans la plaine les réconforte et resserre de jour en jour le lien qui les unit.
    l'un contre l'autre, hors du temps et des lois, ils laissent le trouble s'installer en eux, jusqu'à l'accomplissement de ce qui se révèle être une histoire d'amour. aharon appelfeld recrée ici, à sa manière, le couple d'adam et eve. floraison sauvage est le récit bouleversant de cet amour, c'est aussi un roman d'une force et d'une singularité inouïes sur la condition humaine, l'exil et la douleur.

  • Qu'est-ce qu'un Arabe israélien ? Une contradiction vivante.

    En s'expatriant aux États-Unis avec sa femme et leurs enfants, le héros de ce roman pensait résoudre le problème une bonne fois pour toutes. Mais sa nouvelle vie est hantée par ses souvenirs de jeunesse, et le mal du pays ne le quitte plus.

    Rappelé d'urgence en Israël au chevet de son père hospitalisé pour un infarctus, il se trouve soudain confronté aux multiples mensonges dont sa vie est tissée. Devenu « nègre », spécialisé dans la rédaction d'autobiographies, il ne cesse en effet de mêler sa propre histoire à celle de ses clients, au point que le réel et l'imaginaire se confondent dans son esprit. Sa jeunesse a-t-elle vraiment été l'âge d'or qu'il décrit ? Comment peut-on demeurer attaché à un pays qu'on a fui volontairement ?

    Sayed Kashua explore cette situation riche en paradoxes dans un roman déchirant bien que non dépourvu d'humour. Car l'ironie est parfois le seul remède à la mélancolie.

  • Poussé par l'ostracisme de la population juive en ville, un journaliste arabe israélien décide de retourner dans le village de son enfance en Galilée, auprès de ses parents. Mais l'accalmie qu'il pense trouver pour lui et sa famille est illusoire. En perpétuel décalage, il découvre une société patriarcale et misogyne, où les femmes sont interdites dans les cafés. Étranger dans son propre pays, il s'habitue mal à ce changement.
    Un matin, l'armée israélienne encercle sans explication le village. Tous pensent que cette mesure est provisoire. Pourtant la situation perdure et s'aggrave. Les soldats tuent des villageois et des travailleurs palestiniens, l'eau et l'électricité sont coupées, la pénurie alimentaire menace, les ordures s'entassent, les manifestations populaires se succèdent et des gangs prennent possession des lieux. À la radio - seul lien avec le monde extérieur - le silence sur les événements est complet, tandis que le discours officiel évoquent des négociations en cours.
    Le dénouement est surprenant. Le courant revient soudainement. Israéliens et Palestiniens ont enfin signé la paix, et partagé les terres. Le transfert du village en territoire palestinien, loin de réjouir les habitants, provoque des réactions mitigées et inquiètes. Comment vont-ils être accueillis ?

  • Comment être à la fois arabe et israélien ?
    À Tira, un village de Galilée, il est élevé dans le respect des traditions musulmanes par sa grand-mère. Son père, ancien membre du parti communiste, lui inculque le sens de l'honneur. Son destin semble tracé. Mais le narrateur se révèle être un élève brillant, et est envoyé grâce à une bourse dans un pensionnat de Jérusalem. Là-bas, c'est un nouveau monde qui s'offre à lui, où l'on parle hébreu et écoute les Beatles, un monde qui le fascine et auquel il voudrait s'intégrer. mais qui le rejette cruellement. Commence dès lors un long travail d'apprentissage de l'identité pour celui qui, né dans une famille de combattants palestiniens, va s'employer à ressembler le plus possible à ses camarades juifs.
    D'une force bouleversante, Les Arabes dansent aussi, écrit il y a une quinzaine d'années, mêle à la fois le tragique et le comique pour lever le voile sur la réalité d'un conflit tristement toujours aussi actuel.
    La puissance de ce roman, a récemment inspiré à Sayed Kashua le scénario d'un film qui associe sa trame à celle de La deuxième personne (L'Olivier 2012), Mon fils, réalisé par Eran Riklis, qui a connu un grand succès critique.

  • Fuyant le ghetto et la déportation, la mère de Hugo, 11 ans, le confie à une femme, Mariana, qui « travaille » dans une maison close. Hugo passe ses journées reclus dans un réduit privé de fenêtres, attenant à la chambre de Mariana, et supporte l'insupportable en se remémorant son enfance avec ses parents, dont il se projette - mentalement - les silhouettes telles des ombres chinoises, en écrivant des lettres à sa mère et en épiant tous les bruits qui l'entourent. La nuit, il rejoint Mariana. Dans un monde en pleine destruction, il prend conscience à la fois des massacres en train de se perpétrer et des mystères de la sexualité. Aharon Appelfeld est né en 1932 à Czernowitz en Bucovine. Quand la guerre éclate, sa famille est envoyée dans un ghetto. Sa mère est tuée tout de suite, son père et lui sont déportés. À l'automne 1942, âgé de dix ans, il s'évade du camp de Transnistrie. « Après mon évasion du camp, j'ai vécu dans la forêt, seul, recueilli par les marginaux, les voleurs et les prostituées. J'étais blond et je pouvais facilement passer pour un petit Ukrainien. Je me taisais. Je n'avais plus de langue. »

  • Qui suis-je ?L'Avocat, un homme de loi arabe, installé dans la partie juive de Jérusalem, découvre dans un livre acheté chez un bouquiniste - La Sonate à Kreutzer de Tolstoï - un billet d'amour écrit de la main de sa femme. Son destinataire ? Sans doute ce " Yonatan " dont le nom figure sur la page de garde... Cette découverte fait naître en lui une jalousie impossible à maîtriser et le pousse à négliger son cabinet prospère pour retrouver celui qu'il soupçonne être l'amant de sa femme. Parallèlement à son enquête, on suit le parcours d'un jeune Arabe, Amir Lahav, assistant social, engagé pour s'occuper d'un jeune homme, paralysé, réduit à l'état végétatif à son domicile, qui s'appelle Yonatan. Un glissement d'identité s'opère peu à peu : Amir Lahav, l'Arabe, devient Yonatan Forschmidt, Juif ashkénaze, " bien sous tous rapports "... et photographe de talent.Le dénouement est dans la veine habituelle de Sayed Kashua : un ultime rebondissement complique l'intrigue. En effet, rassuré par la confession d'Amir qui reconnaît avoir connu Leïla lorsqu'ils travaillaient dans le même service social, l'Avocat découvre dans une exposition des photos de Yonatan-Amir un cliché qui met à bas le " happy end " escompté...Tout ce roman est bâti sur la course éperdue des deux principaux protagonistes en quête de leur vérité, de leur réelle identité, mais aussi de la nature de l'amour, de la vie conjugale, de l'amitié, des destins croisés par la main diabolique du hasard. Sur un mode policier, avec l'humour sardonique propre à Kashua, le récit noue et embrouille les fils de l'écheveau, brouille les personnages (" Qui est arabe, qui est juif ? ", comme sur les photos de Jonathan, puis d'Amir).

  • La Vie conjugale raconte les amours torturées de Rudolf Gurdweil, un jeune écrivain juif sans le sou, avec Théa von Takow, une baronne autrichienne désargentée.
    Vienne au début des années 1920. Alors qu'elle a commencé de manière soudaine et passionnée, leur relation devient de plus en plus difficile. Entre les infidélités tout à fait assumées de Théa, et le plaisir qu'elle prend à faire croire à Gurdweil que leur enfant n'est pas de lui, s'instaure une relation sado-masochiste entre les deux époux (on pense à Bruno Schulz).
    C'est aussi le roman d'une ville qui se remet de la chute de son Empire après la Première Guerre mondiale : le désespoir, la cruauté, le nihilisme prennent corps à cette époque de manière particulièrement frappante, et accentuent la proximité du désastre à venir.

    De David Vogel (1891-1944), les éditions de l'Olivier ont publié en 2014 Romance viennoise, un roman inédit qui a enthousiasmé la critique. " David Vogel est la révélation de cette rentrée. Une seule envie: (...) se précipiter sur ses oeuvres complètes." Eric Neuhoff, Le Figaro Littéraire.

  • Traduit de l'hébreu par Rosie Pinhas-DelpuechMichael Rost mène une existence désordonnée, ponctuée de revers de fortune et de moments euphoriques, de solitude et d'errances. Quand il arrive à Vienne avec l'audace de ses dix-huit ans et pas un sou en poche, ce jeune juif russo-polonais est bien déterminé à conquérir la capitale impériale. Il fréquente les cafés peuplés d'émigrés juifs, d'officiers de l'armée autrichienne, de bureaucrates, de bourgeois, d'anarchistes, de comédiens, de chanteurs et de prostituées... Peter Dean, un personnage mystérieux, le prend sous sa protection et lui permet de louer une chambre dans une famille bourgeoise. Rost se laisse séduire par la maîtresse de maison, Gertrude Stift, dont le mari est en voyage d'affaires, et séduit en même temps Erna, leur fille encore adolescente.Romance viennoise est à la fois le récit de cette relation triangulaire, faite de sexualité frénétique et d'amour destructeur, et le portrait d'une société décadente dans la Vienne des années 1920 où l'atmosphère poisse d'ennui, de vide et de mépris de soi, sans toutefois étouffer la fureur de vivre qui anime chacun.

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